L’autonomie de l’enfant est un grand enjeu de l’éducation, peu importe la pédagogie ou la méthode que l’on choisit d’employer. Du nourrisson complètement dépendant de sa mère à l’enfant qui fait seul, puis au jeune adulte complètement autonome, il y a différentes étapes.

Cette conquête de l’indépendance dont parlait Maria Montessori est jalonnée de plusieurs pics, parfois par des crises, qui permettent à l’enfant de développer son autonomie.

L’autonomie est un besoin fondamental de l’enfant, cela fait partie de son plan de développement naturel : un enfant est naturellement poussé à vouloir faire seul, à ne plus dépendre de ses parents, à conquérir sa vie, son indépendance et sa liberté. Nous le voyons d’ailleurs lorsque nous cherchons à faire pour lui (pour aller plus vite, faire mieux…) et que l’enfant entre en crise. Nous pensons alors à un « caprice »… que nenni, l’enfant, en réalité, manifeste contre ce qu’il estime être une entrave au développement de son autonomie.

Maria Montessori a écrit ce paragraphe à ce sujet, que je trouve particulièrement inspirant :

« Se substituer à l’enfant dans l’accomplissement de ses actions formatrices, avec la louable intention de l’aider, n’est pas ce dont il a besoin. Cette substitution, au lieu d’être une aide, est au contraire une entrave au développement de l’enfant. On doit lui permettre d’agir librement, de sa propre initiative, dans un environnement qui a été prévu pour répondre à ses besoins. »

Maria Montessori

Comment donc aider l’enfant à gagner en autonomie ? Voici 3 astuces simples issues de la pédagogie Montessori, facilement applicables par tous et en tout lieu !

 

1 Montrer les gestes

C’est le fameux adage de Confucius « Donne un poisson à un homme, tu le nourris pour un jour. Apprends lui à pêcher, tu le nourris pour la vie ». Pour que l’enfant soit autonome, il a besoin d’apprendre à réaliser les gestes de son quotidien, et donc pour cela que nous arrêtions de faire à sa place. Et pour qu’il soit capable de les réaliser, la première étape est de lui montrer comment faire. Mettre ses chaussures, se verser à boire, couper sa nourriture, se peigner… nous, adultes, présupposons souvent que tous ces gestes sont naturels, que l’enfant « sait faire », ou alors qu’il est encore trop jeune pour les réaliser. Or, dès 14-16 mois, un enfant est tout à fait capable de réaliser les gestes de son quotidien ! Pour l’aider à faire seul, la première étape est donc de lui montrer comment faire, plutôt que de faire pour lui : lentement, patiemment et joyeusement, donnons-lui les clefs pour ne plus dépendre de nous.

 

2 Laisser du temps

Une fois que nous avons montré les gestes qui permettront à l’enfant d’être autonome, il va falloir du temps, beaucoup de temps, de répétition et de patience pour que l’enfant parvienne à les faire de manière fluide et efficace. Il est normal qu’un enfant ne réalise pas les tâches que nous lui montrons comme nous venons de le faire, c’est une question de coordination des mouvements, de raffinement sensoriel, de psychomotricité fine… et d’expérimentation ! Laissons-lui du temps ! La précipitation, les « dépêche-toi », le manque de temps… tout cela est un frein à l’autonomie… car nous finirons par faire à sa place ! Le temps sera nécessaire à la répétition du geste, et seule la répétition est ce qui permettra à l’enfant de maîtriser ses mouvements.

 

3 Accepter l’imperfection

En attendant que l’enfant se verse de l’eau sans renverser, s’habille rapidement et mette son pull à l’endroit, mange seul sans renverser la moitié de son assiette par terre… il va falloir lâcher prise sur le résultat, accepter que l’enfant mette trois fois plus de temps que nous pour faire la même chose, et que cela ne soit pas fait aussi parfaitement que si nous l’avions fait. Mais n’oubliez pas, c’est en acceptant que ça ne soit pas parfait, en laissant le temps et la possibilité à l’enfant de répéter, qu’il sera autonome !