Mercredi soir, j’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du documentaire d’Alexandre Mourot, le maître est l’enfant. J’ai également eu le plaisir de faire partie des intervenants qui animaient l’après-séance, et répondaient aux questions du public.

J’étais très impatiente de voir ce film, dont on parlait depuis plusieurs mois dans la sphère montessorienne. Et je n’ai pas été déçue.

J’ai aimé bien évidemment ces instantanés d’ambiance, les réactions des enfants, leur concentration, leur entraide. Je suis toujours autant fascinée par la puissance du matériel, sa logique, son dynamisme et l’aide qu’il apporte aux enfants, leur permettant d’intégrer des concepts parfois très abstraits. J’ai été émue de voir ces enfants évoluer et grandir, en ayant même eu les larmes aux yeux parfois, de nostalgie et d’éblouissement devant tant de force de vie.

Mais ce que j’ai aimé surtout, c’est le message véhiculé dans le documentaire : plus que le matériel, la posture de l’adulte est ce qui fait une ambiance Montessori. Et au-delà de la pédagogie, c’est ce qui fait le bonheur de l’enfant.

C’est en ce sens que je travaille, que je construis mes formations.

Comme nous avons été plusieurs à le rappeler avant et après le film, la pédagogie Montessori ne se limite pas aux jouets vendus par certains magasins célèbres ou aux cahiers d’activités proposés par certaines maisons d’édition. Comme j’aime à le rappeler, j’ai connu des écoles avec tout le matériel nécessaire, nous étions pourtant loin d’une ambiance Montessori. Et j’en ai connu d’autres, sans matériel ou presque, et pourtant nous étions dans la plus vibrante expression de ce qu’une ambiance est censée être.

L’éducateur, pièce maîtresse et second rôle à la fois. Une posture délicate, un équilibre difficile à trouver. Un chemin qui ne s’arrête jamais. Faire confiance, se remettre en question, être patient, humble, bienveillant, répondre aux besoins sans imposer sa présence… Construire une relation solide, sécurisante et positive, suffisamment forte et éclairée pour que l’enfant soit respecté dans ses explorations, sa quête d’indépendance et sa soif de découvertes. Et comme j’ai pu dire lors de ma présentation ce mercredi soir, la pédagogie Montessori donne donc à l’éducateur un grand rôle, une responsabilité qui va bien au-delà de la manière dont nous allons lui montrer la tour rose.

Christian Maréchal a été émouvant de tendresse et d’amour pour ces enfants, mais également respectueux des processus de chacun, garant de l’ambiance et protecteur de leur intimité. Eviter les compliments et les éloges, quel travail difficile sur la durée.

Je ne peux que vous conseiller d’aller le voir.

Victoria

« Le premier pas pour résoudre intégralement le problème de l’éducation ne doit pas être fait vers l’enfant, mais vers l’adulte éducateur: il faut apporter de la clarté à sa conscience et le libérer d’un grand nombre de préjugés ». Maria Montessori