La pédagogie Montessori connaissant une fougue médiatique et commerciale assez récente, de plus en plus d’éditeurs proposent livres et coffrets de matériels pour les parents désireux de proposer des activités à leurs enfants. Mais le plus souvent, le matériel est vendu ou les tutoriels sont proposés sans beaucoup plus d’explications que la pure utilisation technique. Et en ce qui concerne les mobiles Montessori, j’ai vu pas mal de dérives qui m’ont laissée perplexe. C’est pourquoi, dans cet article, je voulais parler de la « bonne » utilisation des mobiles et attirer votre attention sur les dérives possibles et leurs conséquences sur les enfants. Parce que si les mobiles Montessori sont bien évidemment d’une grande richesse pour l’enfant, ils peuvent provoquer l’inverse de ce qu’on recherchait par notre manque de connaissances. Alors, mobiles Montessori, voici ce qu’il faut savoir !

6 informations générales pour commencer…

  • Dans un Nido, c’est-à-dire l’ambiance qui accueille les enfants de la naissance à la marche assurée (entre 15 et 18 mois), une des premières activités que l’on propose à l’enfant est la collection de mobiles Montessori. Les mobiles font parties des activités visuelles, ils ont donc pour but de stimuler l’enfant visuellement. Il ne s’agit donc pas de les attraper.
  • Il existe 4 mobiles différents à présenter dans un ordre particulier, qui correspond au développement visuel de l’enfant. On ne présente donc qu’un seul mobile à la fois !
  • Le mobile doit être accroché dans l’espace d’activités de l’enfant. Il vaut mieux éviter de le placer dans l’espace sommeil, car la stimulation visuelle pourrait avoir un impact sur l’endormissement.
  • Accrochez le mobile au plafond ou à une grande équerre elle-même fixée au mur. Le mobile devrait se situer à une distance de 35 à 70cm au maximum du bébé.
  • Le mobile devrait se situer au niveau de la poitrine du bébé pour le confort de sa tête et une meilleure visibilité.
  • Le mobile devrait être proposé à l’enfant en pleine forme, calme et disposé à toute activité. S’il est fatigué, a faim ou a tout autre besoin, l’exposition à cette stimulation sera inutile voire contre-productive : il devrait avoir plaisir à observer le mobile. Ce plaisir ressenti s’enregistrera dans le cerveau comme une empreinte positive pour les fois d’après.

En général, les recommandations qui se trouvent sur internet s’arrêtent là. Donc en cherchant un peu, vous pouvez trouver ces 6 informations assez facilement. Seulement, présenter les mobiles Montessori à un bébé ne se résume pas à veiller à la hauteur ou le lieu d’accrochage, à l’ordre ou à la position du bébé. Combien de bébés n’ai-je pas vu surstimulés sous ces mobiles, et donc stressés. Les mobiles deviennent alors plus contre-productifs qu’autre chose…

Pour présenter les mobiles Montessori dans de bonnes conditions pour l’enfant, il me semble important de se poser les trois questions suivantes :

1- Combien de temps laisser bébé sous le mobile ?

Ce sujet mérite toute notre vigilance ! En général, les bébés passent beaucoup trop de temps sous les mobiles. Et beaucoup trop de temps, pour un bébé de 2 mois, cela peut être 15 minutes ! Il n’y a pas besoin de le laisser pendant deux heures pour que ce soit trop !

Le problème, c’est qu’une exposition trop longue aux mobiles n’est pas bonne pour l’enfant qui, à l’âge de 2 ou même 4 mois, n’a pas les capacités motrices pour s’extraire de cette stimulation devenue pénible voire douloureuse. Oui, douloureuse : le cerveau fonctionne à plein régime et à force, il produit du cortisol, l’hormone du stress. Et voilà notre enfant stressé. Ce n’était pas le but de départ n’est-ce pas ?

Il n’y a pas de timing absolu et universel : cela dépend de l’enfant, son âge, son envie et son état émotionnel du jour. Pour le savoir, il n’y a qu’une seule solution : rester près de lui.

2- Quoi faire pendant qu’il observe ?

Pour bien détecter le moment où il serait temps de soustraire l’enfant de la stimulation visuelle, il faut l’observer. Il vaudrait donc mieux ne pas profiter de ce temps pour faire autre chose (du moins, pas plus de quelques minutes). Si vous préparez le dîner, rangez le salon ou téléphonez à une copine, vous ne verrez pas les signes que vous enverra l’enfant. Pendant qu’il est sous le mobile, restons donc près de lui, à la rigueur avec un livre ou une boisson à la main.

3- Quand le soustraire à la stimulation ?

Comme nous sommes près de bébé, nous sommes en mesure de voir les premiers signes envoyés par bébé. Ces signes sont assez simples à détecter, ils ressemblent d’ailleurs aux signes de faim :

  • Il tourne la tête. Le message est clair, il en a assez !
  • Si bébé reste tout de même sous le mobile, viendront successivement : il s’agite (au début légèrement puis de plus en plus fort), il se manifeste par la voix, devient rouge, puis finit par pleurer.

Il faudrait éviter d’en arriver à ce dernier stade, car les pleurs indiquent un inconfort majeur et une insécurité émotionnelle importante. Il vous faudra du temps pour le calmer et remplir son réservoir affectif afin qu’il se sente à nouveau sécure.

En respectant ces signes, il se peut donc que l’enfant ne reste que quelques minutes sous le mobile. Cela peut être frustrant pour l’adulte qui a passé beaucoup de temps à fabriquer le mobile ou qui a eu beaucoup de joie et d’impatience lorsqu’il l’a acheté, à l’idée de proposer quelque chose de beau et de bon à l’enfant. Mais c’est le jeu ! Gardons à l’esprit l’intention de départ : offrir le meilleur à l’enfant.

Si vous souhaitez vous renseigner sur l’ordre de présentation des mobiles et des tutoriels pour les fabriquer (voire les acheter tout faits), je vous conseille l’excellent article de mon amie Anais, du blog « Montessori mais pas que ».