Si vous me suivez régulièrement, vous savez que j’attache beaucoup d’important à la bienveillance, à la posture de l’adulte, au lien entre l’adulte et l’enfant, aux recherches en neurosciences, et même aux recherches sur la pédagogie Montessori. La pédagogie Montessori n’est ni un dogme pédagogique ni une méthode d’éducation. Ce n’est pas parce qu’une activité n’est pas estampillée Montessori qu’elle n’en respecte pas les grands principes et les lois naturelles du développement de l’enfant. Par contre, il faut faire attention à tout ce qu’on lit sur internet, il y a beaucoup de choses « inspirées » de la pédagogie qui en fait en sont très loin, car elles ne respectent aucun des critères de base que Maria Montessori a mis des années à mettre au point (pour des raisons scientifiques, et non dogmatiques).

Bref, ce petit point fait, j’avais envie aujourd’hui de vous parler de mes poupées russes (enfin !) ramenées de Pologne par ma copine Anaïs, du blog Montessori mais pas que.
Au-delà de leur évident attrait (elle sont sublaïmes n’est-ce pas !?!), quel est leur intérêt dans le cadre de la pédagogie Montessori ?
Un petit indice : elles s’utilisent avec la tour rose.
Si, si.
Voici pourquoi et comment.
La tour rose est composée de 10 cubes en bois de hêtre (très important, pour le poids) qui varient en taille (et c’est tout, la couleur reste identique) du plus grand cube qui fait 10 cm au plus petit qui fait 1cm (au passage, ces dimensions ne sont pas dues au hasard, notre système mathématique étant fixé sur une base 10… les tours avec un grand cube à 7cm n’ont donc aucun sens). La tour rose permet à l’enfant d’intégrer la différenciation de la dimension « grand-petit », qui varie en hauteur, largeur et profondeur. Les autres matériels de différenciation sensorielle des dimensions, par exemple, permettront à l’enfant de travailler sur 2 dimensions (l’escalier marron, qui varie en hauteur et en largeur, mais pas en profondeur) puis 1 dimension (les barres rouges, qui ne varient qu’en longueur).
Lorsque l’on propose à l’enfant un matériel tel que la tour rose, il est primordial de ne pas passer trop vite à la différenciation visuelle des dimensions, et de le laisser manipuler, manipuler et manipuler encore (différenciation sensorielle). Mais ce que l’on observe, au bout d’un moment, c’est que la tendance naturelle de l’enfant à aller vers le matériel commence à diminuer. Pourtant, il est encore important qu’il manipule le matériel. C’est pourquoi nous allons lui proposer des variantes (qui interviendront donc seulement lorsque la manipulation du matériel aura été suffisamment répétée ET que l’enfant commencera à moins s’y intéresser. Attention à ne pas aller trop vite). Monter la tour rose non plus à la verticale, mais à l’horizontale, par exemple, ou en forme de colimaçon, en quinconce, sur le cube 3 (voir le 2 pour les plus courageux !)… Nous pouvons aussi proposer à l’enfant de faire le travail avec d’autres supports, qui varient de la même manière en plusieurs dimensions.
Ainsi, par exemple, pour la tour rose qui travaille les notions « grand » et « petit », nous pouvons mettre en place des activités avec des feuilles d’arbre d’une même essence mais de 10 tailles différentes (que l’on aura séchées et plastifiées)… ou notre collection de matrioshkas (en série de 10, idéalement).
Voici ma proposition de présentation :
• L’enfant installe la tour rose à l’horizontale sur un tapis (prérequis : il doit savoir faire ça tout seul)
• Nous sortons les poupées russes et commençons à les ouvrir pour les faire découvrir à l’enfant
• Nous commençons à ranger les poupées russes, de la plus grande à la plus petite, de la gauche vers la droite, devant ou derrière les cubes de la tour.
• Par la suite, l’enfant pourra refaire le travail seul, avec ou sans la tour

 

 

Succès garanti !
A vos poupées ! 😊