Quand on parle des émotions d’un enfant… au final, ce qu’on veut, c’est…

Que l’enfant exprime ses émotions. 
Qu’il ne soit pas entravé dans ses ressentis. 

Mais aussi…

Qu’il soit capable de s’exprimer sans hurler, se rouler par terre, insulter, claquer des portes, bouder…

Qu’il soit en mesure de comprendre ce qu’il ressent, et de vous le dire avec des mots. 

Dire avec des mots. 

Parce que, clairement, un enfant qui a tous les comportements que j’ai cités plus haut…

C’est d’abord un enfant qui est « victime » de ce qu’il ressent. 

Il ne sait pas trop ce qui lui arrive. 
Il n’arrive pas à mettre de mot sur ce qu’il ressent. 
Il a du mal à communiquer l’émotion qui le traverse.

Il y a de l’impuissance, du désarroi, de l’inconfort chez lui. 

Et comme il ne sait pas ce qu’il ressent ni comment vous le dire? 

Il vous le dira quand même… mais avec son comportement. 

Bien que ça soit logique… ça peut quand même être un sacré problème. 

Déjà parce que c’est usant, fatiguant, éreintant…. pour nous. 

Mais pour lui aussi c’est un souci, parce qu’au-delà de son inconfort… ça va engendrer tout un tas de difficultés: 

  • scolaires, parce qu’il est prisonnier de son cerveau émotionnel, et qu’il va avoir du mal à connecter son cerveau pensant, pour mieux apprendre, pour se concentrer et être dans les bonnes dispositions pour travailler
  • relationnelles, parce qu’au moindre désaccord, au moindre couac, il va se mettre dans tous ses états
  • personnelles, parce que, justement, tout va être difficile à gérer pour lui (avec des risques de compulsions alimentaires, d’addictions, de violence, de mal-être profond… dès le début de l’adolescence.

Surtout que plus il grandit, plus ça va s’empirer.

Parce que le malentendu va grandir.

Le mal-être aussi.

Les difficultés de communication également.

Et ce n’est pas parce que l’enfant ne fait pas ou plus de « crises » qu’il n’a pas un vécu émotionnel « compliqué ». 

Compliqué dans le sens de confus. Imprécis. Qu’on n’arrive pas à déchiffrer… à décoder. 

Tant qu’il ne sait pas ce qu’il ressent? 
Tant que ses émotions et ses ressentis sont un espèce de gloubi-boulga interne? 

Impossible de communiquer sur ses émotions. 

Et donc? 

L’enfant les verbalise par tous ses comportements qui dérangent. 

CQFD.

Vous l’aurez compris… on tourne en boucle. 

Pour casser cette boucle, 
Pour sortir du cercle vicieux, 

En gros: pour que l’enfant n’explose plus…

Il faut qu’il soit en mesure de communiquer ce qu’il ressent. 
Et pour communiquer, il doit d’abord comprendre. 

Se comprendre. 

Reconnaître ce qu’il ressent. 

Comment aider un enfant à faire ça? 

Première étape: accueillir ce qu’il ressent de manière empathique, décrire ce que l’on voit (et pas ce que l’on suppose qu’il ressent…).

Deuxième étape: si nécessaire, accompagner l’enfant pour qu’il s’apaise grâce aux aménagements du coin des émotions. 

Réaliser ces deux étape dans un espace spécialement dédié (comme le coin des émotions dont je vous parlais hier) a l’avantage de leur donner lieu d’être, une place pour exister, de la valeur et de l’importance… ce n’est plus le truc qu’on essaie de faire disparaître le plus vite possible parce que ça dérange les autres, que c’est bruyant ou qu’on ne sait pas trop comment faire… là, on a la « structure » adéquate qui contient l’enfant et l’accompagne.

Troisième étape: lui proposer des activités pour qu’il puisse s’approprier son ressenti, progressivement. 

Pour qu’il apprenne à faire le tri. 

Un peu comme le monstre des couleurs, pour qu’il démêle les fils de ses émotions. 

Et puis, une fois qu’il est en mesure de reconnaître et différencier ses ressentis (la surprise ce n’est pas de la peur, la frustration ce n’est pas de la colère…)

Apprendre à s’exprimer avec des mots. 

Justement, le monstre des couleurs, c’est un livre sympa, à partir duquel on peut construire tout un tas de choses…

Mais il y a aussi pleins d’autres livres. 
(Et surtout leur exploitation inspirée de la pédagogie Reggio, qui permet aux enfants de s’identifier encore plus au personnage, et donc de développer son vocabulaire émotionnel de façon très impressionnante)

L’utilisation de figurines particulières. 
(Sans jouer au psy de comptoir, mais savoir susciter une séquence de jeu qui fait émerger l’émotion, c’est quand même vachement utile)

Des affichages. 
(A condition de s’en servir correctement, sinon ça revient à faire du remplissage de murs, les enfants ne les voient même plus)

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Victoria