L’autonomie de l’enfant est l’un de mes sujets favoris, car il a tellement à nous apporter! C’est un sujet beaucoup plus complexe qu’il n’y parait d’ailleurs.

Dès la naissance, le petit d’Homme cherche à découvrir. Pour cela, il essaie de maîtriser ses mouvements pour saisir le hochet qui se trouve à côté de lui. Il met en bouche le hochet attrapé au prix d’un grand effort de concentration, et fait par là-même de grandes découvertes En grandissant, il voudra marcher, monter les escaliers, manger… seul. Devenu un bambin (14-15 mois), il peut même faire des « crises » lorsque l’adulte fait à sa place. « Caprice », vous dit-on?

Et si ce n’était pas un « caprice »?

Concernant le jeune enfant, Maria Montessori parlait de « conquête de l’indépendance ». Loin d’être une « lubie », l’autonomie est un réel besoin, qui s’explique de manière très simple: son origine remonte à l’aube de l’humanité où la dépendance était une… faiblesse. Observez le règne animal, quels éléments d’une meute sont les proies les plus faciles? Les membres âgés, blessés… et les petits. L’enfant, dans son ADN, a codé cette injonction: sois autonome! Et durant les 3 à 4 premières années de vie (que Maria Montessori a appelées phase de l’ « embryon psychologique »), l’un des objectifs principaux de l’enfant est l’autonomie. D’ailleurs, ils nous le font savoir: « tout seul », voilà ce qu’ils vous répèteront. Noisette, 20 mois, refuse par exemple de manger si c’est moi qui lui tend l’aliment. Elle mangera à condition de manger seule. Beaucoup de crises et de rapports de force pourraient être évitées si l’adulte respectait ce besoin d’autonomie de manière quotidienne.

Qu’est-ce que l’autonomie, au juste?

Il existe deux types d’autonomie:

  • L’autonomie fonctionnelle: se brosser les dents, s’habiller, manger… il s’agit de faire les gestes de sa vie quotidienne
  • L’autonomie émotionnelle: se sentir à sa place, être sûr de ses choix, se sentir à sa place, s’accorder le droit d’exister dans un groupe… c’est un ancrage, à vie, et la base de la confiance en soi et de l’estime de soi.

La pédagogie Montessori travaille sur les deux tableaux:

  • L’autonomie fonctionnelle est développée grâce au matériel de vie pratique qui permet à l’enfant d’exercer ses compétences « hors contexte » (sur des plateaux ou dans de petites corbeilles), et à la confiance de l’adulte, qui laisse l’enfant faire par lui-même dès le plus jeune âge les gestes de son quotidien. Maria Montessori a dit une phrase importante: « Toute aide inutile est une entrave au développement »… à chaque fois que nous faisons quelque chose que l’enfant sait faire de lui-même, surtout si cette expérience est récurrente, nous entravons le développement de l’autonomie de l’enfant.
  • L’autonomie émotionnelle est développée grâce à la posture de l’adulte: nous évitons de féliciter, commenter, juger… nous sommes bienveillants et guidons l’enfant en évitant de le diriger.

Ressources:

En fouillant dans le blog, j’ai retrouvé quelques articles et vidéos sur ce sujet. Je compile tout ici, afin de pouvoir vous y retrouver plus rapidement!

    • Un article pour faire la différence entre « Aide-moi à faire seul » et « Apprends-moi à faire seul » (parce que ce n’est pas du tout pareil!)
    • Un autre article, pour découvrir 3 astuces simples qui aident à développer l’autonomie de l’enfant (et qui parle de posture)
    • Une vidéo sur l’autonomie dans la pédagogie Montessori:
    • Une vidéo sur l’autonomie et le comportement de l’adulte:
  • Une vidéo que j’ai faite avec Noisette qui dormait dans mon dos, sur les activités de vie pratique: