Quand je vois sur les blogs ou les groupes Facebook certaines personnes qui proposent…

Des nomenclatures Montessori à 14 mois
La tour rose à 2 ans
Les mobiles à 6 mois
Des blocs d’emboîtements à 3 cylindres (au lieu des 10 réglementaires)
Des activités de vie pratique qui ne respectent plus aucune critère de la pédagogie Montessori
Des tours d’observation à tout va, inadaptées pour la situation et l’enfant en question
Des lits cabanes avec, au-dessus, des mobiles, des étoiles fluo, des guirlandes, des cadres… 

Je me suis dit qu’il était important que je reprécise quelques petites choses. 

Pour vous permettre de vous éviter ces erreurs hyper fréquentes. 

Mais avant ça, je dois vous expliquer un truc: en quoi ces erreurs sont réellement un problème. 

Parce que je le vois quasiment tous les jours: 
Quand quelqu’un essaie de dire que tout ça n’est « pas Montessori »…
Les gens se braquent. 
Répondent un truc du style: je fais à ma façon, peu importe si ce n’est « pas Montessori », ça me plaît…

Ok. 

En fait, le problème n’est pas de savoir si « c’est Montessori ou pas ». 

Je veux dire… 
On n’est pas là pour faire du dogmatisme pédagogique. 
Dire que Maria Montessori est un messie à écouter à la lettre.
La seule qui avait raison…
Ou un truc du style. 

Non. 
Par contre? 
Toutes ses activités ont été créées avec un objectif particulier. 
Une attention spéciale à certains détails. 

Et quand on présente une activité trop tôt (genre la tour rose à 2 ans, les nomenclatures à 14 mois…)

Quand on propose un matériel qui ne respecte pas les critères scientifiques de la pédagogie Montessori (comme la plupart des trucs qu’on voit sur Pinterest ou Google) 

Quand on achète du matériel qui contient des « adaptations » erronnées (chez Nature&Découvertes et sur la plupart des sites de matériels pédagogiques). 

Quand on ne connaît pas les bases de la proposition de matériel ou les prérequis et sa progression logique (oui, il y en a déjà une chez les touts-petits)

On prend un risque. 
(Et alors je suis claire: il vaut mieux ne rien faire!)

Plusieurs même. 

Le premier: 
Celui de supprimer tout l’intérêt et la puissance de ces activités. 
L’enfant n’est pas prêt. Ou alors, au contraire, a dépassé ce stade depuis longtemps. 
Il ne s’intéresse pas au vrai sujet du truc. 
Son cerveau, ses mains ne sont pas prêts à accueillir l’exploration, et à en retirer l’apprentissage correspondant. 

Le deuxième: 
On risque de le mettre en difficulté, voire en échec.
Pas top pour la confiance en soi et l’envie d’apprendre. 

Le troisième: 
De le désintéresser (et bonjour après, pour rattraper le coup)… parce qu’il a eu le matériel entre les mains à un moment où il n’était pas prêt. 
Après, il perd l’intérêt du truc et ne s’y intéressera plus. 

Et the last but not the least: 
De provoquer l’effet inverse de ce qu’on cherchait à obtenir: sustimulation, nervosité, désintérêt… 

C’est pour ça que j’insiste encore et toujours sur l’essentiel:
Comprendre que le matériel et les activités Montessori ne sont pas des jeux. 

Qu’on offre entre un bac de légo, une poupée et un garage. 

Que les nomenclatures, ce n’est pas avant 3 ans et demi. 
(On peut proposer des images classifiées à partir de 2 ans, mais ce n’est pas du tout la même chose!)

Que la tour rose, c’est obligatoirement APRES la validation de toutes les étapes des blocs de cylindres et des cylindres de couleurs.
(Donc pas avant 3 ans et demi aussi).  

Que les mobiles, c’est entre 0 et 3-4 mois max. Parce que ce sont uniquement des supports visuels et qu’après, vous allez provoquer pas mal de frustration… inutile!

Que les cylindres dans les emboîtements, il DOIT y en avoir 10.
(Jusqu’à preuve du contraire, notre système mathématique est un système à base 10)
(Et donc ça vaut pour la tour rose aussi)

Que les activités de vie pratique doivent isoler la difficulté. 

Qu’une tour d’observation n’est absolument pas obligatoire, et qu’elle est même une béquille qui limite le développement psychomoteur de l’enfant quand elle est utilisée inutilement. 

Que les espaces de nuit doivent contenir le moins de stimulations possibles. 

Et encore… tout ça, c’est de l’ordre du détail par rapport à la quantité de trucs qu’il faut prendre en compte pour faire les choses bien. 

Pourtant, j’en suis sûre, quand on s’intéresse à la pédagogie Montessori, en tant que parent ou pro, c’est qu’on est dans une démarche de vouloir le meilleur, de vouloir que l’enfant développe ses potentiels et s’épanouisse. 

(C’est pour ça d’ailleurs que ça m’agace autant de voir toutes ces « arnaques » aux jouets pseudo Montessori…

Malheureusement, « Montessori » est devenu une étiquette marketing qui vend très bien…

Et beaucoup en profitent, entre dropshipping et utilisation frauduleuse du nom…

Comme beaucoup de gens ne connaissent pas véritablement la pédagogie Montessori? 
Ils se font avoir, malgré eux… et l’effet est pire que s’ils n’avaient rien fait). 

Par contre?
Quand une activité est bien choisie, proposée au bon moment, de la bonne façon et bien mise en valeur? 

Alors c’est tout bénef! 

Et commencer « tôt », avant trois ans, permet à l’enfant de développer un paquet de compétences, qui sont « mûres » à éclore pourtant: 

  • La concentration. Qui est comme un muscle, qui doit s’entraîner pour être performante. Et il n’y a pas d’âge pour commencer, d’autant que les très jeunes enfants ont déjà leurs passions et leurs sensibilités. 
  • La motivation. Jusqu’à 6 ans, c’est même LA période idéale pour stimuler leur motivation. Un enfant s’enthousiasme, en moyenne, toutes les deux minutes. Contre trois à quatre fois… par an! pour un adulte.. Le matériel Montessori a la capacité de soutenir cette motivation et cet enthousiasme naturels. 
  • La psychomotricité fine, la coordination-oeil main… indispensable pour plus tard, écrire notamment. Et ça, ça se travaille dès que l’enfant est capable de saisir des objets. 
  • L’autonomie, faire par soi-même… ce qui évite pas mal de crises, d’opposition et de frustration! 
  • L’estime de soi et la confiance en soi. L’enfant grandit en étant conscient qu’il est compétent. Et comme la pédagogie Montessori valorise beaucoup l’enfant (de par notre posture et les activités que l’on propose), il grandit en allant de l’avant, en ayant pas peur du nouveau et en déployant tous ses potentiels. 

Seulement, pour arriver à ça… il n’y a pas de miracle. 

Et faire « à sa sauce » ne fonctionne pas. 

Il faut: 

  • Décoder quelle activité proposer, à quel moment, en fonction de quels critères observables (et comment les reconnaître)… sinon l’intérêt de l’enfant ne va pas être au rdv, et au mieux ça ne va servir à rien… au pire vous allez l’ennuyer profondément. 
  • Comprendre pourquoi une activité fonctionne, et pourquoi une autre ne fonctionne pas. Comment rectifier le tir et adapter en fonction de ce que vous allez comprendre de la réaction de l’enfant. 
  • Aménager le matériel et les activités selon une structure qui se met au service de l’autonomie, de la concentration et de la motivation de l’enfant. Que ce soit à la maison, en crèche, chez une nounou… l’écrin dans lequel vous allez installer le matériel joue autant que le matériel en question. Vous aurez beau avoir tout le matériel, s’il n’est pas installé correctement, ça sera aussi efficace que la plus belle robe du monde entassée dans la caisse débordante d’une friperie. 
  • Développer une attitude particulière, qui change tout auprès de l’enfant, pour l’aider à se développer et déployer ses potentiels. Cette façon particulière de se positionner, de parler, d’échanger, d’observer… qui change tout et qui fait que vous allez réellement être efficace. 
  • Savoir quelle activité proposer, comment le faire, combien en installer, comment interagir avec l’enfant pendant la manipulation… 

Tout ça? 

J’en parle ici dans mes mails quotidiens, 100% gratuits.  

Retrouvez-moi tous les jours pour plus d’astuces et de réflexion sur la pédagogie Montessori. Vous allez notamment y découvrir comment aménager l’espace, quels matériels proposer, à quoi faire attention… et pleins de choses encore!

Positivement

Victoria