Comment Anaïs a appris à lire en deux semaines…

Avec un titre pareil, soit vous vous dites que j’ai craqué et que je commence à vendre du vent, soit : c’est quoi son secreeeeeeeet ?

Parce que vous galérez avec un enfant pour un type d’apprentissage. La lecture, les tables de multiplication, les fractions, l’orthographe… peu importe.

Alors je vous rassure, je n’ai pas craqué.

Hier, je vous expliquais à quel point l’enthousiasme était LA clef pour aider l’enfant à mieux apprendre… que c’était le meilleur moyen pour être certain que l’enfant allait persévérer et fournir suffisamment d’effort pour qu’il parvienne à atteindre un niveau de compétence important.

Aujourd’hui, je vais vous expliquer comme j’ai fait concrètement avec Anaïs, une de mes élèves, lorsqu’elle avait 6 ans.

Elle était donc en fin de maternelle. Et les lettres, la lecture… tout ça, ça ne l’intéressait absolument pas.
J’avais beau essayer de lui  proposer le jeu « je devine »,  les lettres rugueuses… ce n’est pas qu’elle refusait, c’est juste que ça ne « rentrait » pas. Elle oubliait d’un jour à l’autre. Et progressivement, elle n’a plus voulu y toucher, même quand je ramenais du jeu, du mouvement…

Par contre, elle aimait dessiner.

Passionnément.

Et donc, comme c’était une passion, elle dessinait SUPER bien.

Oui, je sais, il ne faudrait pas faire de jugement sur le travail des enfants. Et d’ailleurs, à elle, je ne disais rien.

Mais je ne pouvais que constater la qualité de son tracé, l’excellence de sa réalisation, le goût pour le mélange des couleurs, l’harmonie de ses productions… elle avait un don naturel extraordinaire.

Et si Anaïs ne trouvait aucun intérêt à lire ou à écrire, elle s’enthousiasmait pour tout ce qui lui permettait de s’exprimer artistiquement.

Parmi ses productions hyper créatives, elle réalisait des planches de dessins qui, mises bout à bout, créaient une histoire.

Consciente que tant que la lecture et l’écriture ne la passionneraient pas, je ne pourrais pas faire grand-chose pour l’accompagner sur cet apprentissage, j’ai eu le déclic un jour… Anaïs s’est assise par terre et a raconté à ses camarades, sur base de ses planches de dessin, l’histoire qu’elle avait représentée.

Un peu comme un Kamishibai.

Et oui, mais c’est bien sûr !

J’ai proposé à Anaïs de légender ses planches pour que ses camarades puissent avoir accès à ses histoires en permanence, sans avoir systématiquement besoin de leur raconter.

Je lui ai donc proposé de me raconter l’histoire et j’ai commencé à écrire, devant elle.

Puis, nous avons relié les planches de dessins et les planches de texte (le tout avait plastifié avec elle).

Et nous avons créé un espace pour ses « livres » dans la bibliothèque, que nous avons officialisé.

Ses livres ont eu beaucoup de succès, et ses camarades prenaient plaisir à lire les livres qu’elle réalisait à un rythme effréné.

Progressivement, elle a commencé par vouloir écrire elle-même ses histoires.

Nous avons donc travaillé les sons progressivement, en fonction des sons dont elle avait besoin.

Ce n’était peut-être pas « académique ». Mais, pour la première fois, elle retenait les sons !!!

Petit à petit, elle avait de moins en moins besoin de moi.

Pour l’écriture, le processus était lancé, j’avais trouvé la porte d’entrée de son enthousiasme et lui avait permis de comprendre le SENS de l’écriture : faire passer un message, communiquer, s’exprimer.

Concernant la lecture, le déclic a mis plus de temps à arriver.

En même temps, c’est logique, puisque dans la progression Montessori, nous travaillons d’abord la conscience phonologique amenant l’enfant à écrire, puis la lecture.

Dans la bibliothèque, je veillais toujours à mettre des livres en fonction des intérêts de chacun. Et donc nous avions des livres d’art.

Un jour, elle est venue me voir pour me poser une question.

Je savais que j’avais un livre sur le sujet dans ma bibliothèque.

Je vais donc avec elle prendre le livre, l’ouvre, et lui explique que bon nombre des questions qu’elle se pose trouvent leur réponse dedans.

Elle me regarda et je vis l’éclat dans ses yeux. J’ai compris qu’elle avait compris. Le sens de lire.

A partir de ce moment-là, je lui ai montré les lettres.

Comme nous avions déjà beaucoup travaillé, sans qu’elle ne s’en rende compte, au niveau phonologique, et qu’elle était extrêmement motivée, en deux semaines, la plupart des concordances entre sons et graphies ont été faites, et surtout, le déclic de la lecture s’est enclenché.

Anaïs s’est mise à lire… et c’est devenu sa deuxième passion.

Je savais qu’elle apprendrait bien à lire un jour. Je ne doutais pas de ça.

Mais le plus important pour moi, ce n’était pas tant qu’elle lise.

C’est qu’elle AIME lire.

Jamais nous ne pourrons transmettre la passion de quelque chose par la contrainte.

La passion se transmet uniquement par l’enthousiasme !

D’ailleurs, c’est souvent ce que j’entends : Victoria, tu es passionnée et convaincue, c’est ce qui te rend passionnante et convaincante !

Je ne cherche pas à « vendre ».

Je vous transmets ma passion.

Avec authenticité et humilité.

Montessori, comme Reggio, les neurosciences, la bienveillance éducative… toute cette approche de l’éducation me passionne, littéralement. Ça fait partie de moi, de mon ADN…

C’est qui ce qui me pousse à créer une école pour les enfants, vous écrire chaque jour, proposer des formations en ligne comme en présentiel.

C’est cette passion que je transmets dans mes cours. C’est une partie de moi. Ce n’est pas « que » des présentations. Pour moi, c’est beaucoup plus que cela. Et je sais que les personnes qui s’inscrivent chez moi viennent pour ça. Pour ma passion. Parce qu’on ne transmet pas ce que l’on sait mais qui on est.

C’est aussi pour ça que lorsque je reçois des critiques (Montessori en ligne ? Quelle infâmie !!!!), je ne me sens pas plus touchée que cela. Parce que je sais qu’en grande passionnée de Maria Montessori et de tout son travail, je fais TOUT pour être la plus fidèle et la plus complète possible, même en ligne, aux travaux et à la pensée de cette grande Dame, pour ne rien dénaturer et servir au mieux sa pédagogie.

C’est ce que je fais dans la formation Montessori 0-3 ans (en ligneau Luxembourg), Montessori 3-6 ans (en ligne, au Luxembourg et à Bruxelles)… Et toutes les autres !

D’ailleurs, la démarche que j’ai eue avec Anais, elle a été possible à l’époque, parce que j’avais rencontré une autre pédagogie entre temps : l’approche Reggio. J’aurais l’occasion de vous en reparler prochainement puisque je vous réserve la sortie d’une formation en ligne à l’occasion de la prochaine formation en présentiel au mois de septembre.

Alors, avant de vous laisser pour aujourd’hui et de vous dire à demain, j’ai envie de vous souhaiter de trouver, d’explorer et de vivre votre passion. Parce que c’est précisément là que se trouve le bonheur.