Je vous relaie aujourd’hui une question qu’une personne m’a posée il n’y a pas longtemps:

Comment appliquer la pédagogie Montessori ?

J’ai trouvé cette question très intéressante, et je vous partage ma réponse parce que je pense que ça peut être utile à un grand nombre d’entre vous.

 

La première piste, pour « appliquer » la pédagogie Montessori, c’est de comprendre que c’est une pédagogie qui se vit.

Qui s’expérimente.

Ce n’est pas une recette de cuisine à suivre à la lettre.

Maria Montessori, avant tout, a voulu que l’adulte apprenne de l’enfant comment l’éduquer.

Chaque enfant étant différent, il n’y a pas qu’une seule « méthode », une seule façon de « bien » faire.

Maria Montessori propose du matériel et un curriculum… qui sont à utiliser en concordance avec le deuxième point.

 

Ce deuxième point, c’est de développer ses connaissances sur l’enfant, son développement et son fonctionnement.

Pour comprendre ses besoins, éviter les malentendus pourtant tellement fréquents entre adultes et enfants.

C’est la base de tout.

C’est sûr, ces deux premiers points demandent du temps, de l’engagement personnel.

C’est moins glamour et moins « sexy » que ce qu’on voit souvent.

Pourtant, sans compréhension de l’enfant, de ses étapes de développement, de ses besoins… il vous sera très compliqué de proposer des activités qui ont du sens pour l’enfant et lui permettront de déployer son potentiel. 

J’ai d’ailleurs eu un commentaire dans ce style sur ma page Facebook : Mon fils n’est pas fait pour Montessori, il préfère courir dehors et ne s’intéresse pas aux activités.

Et si en fait, les activités que cette maman proposait à son fils, avec tout son amour et sa meilleure volonté, n’étaient tout simplement pas adaptées à lui et à ses besoins du moment ?

 

Le troisième point, c’est qu’en fonction  de cela, nous allons développer une posture humble, bienveillante, confiante… Le rôle et le positionnement de l’adulte sont absolument capitaux.

J’ai visité bon nombre d’écoles et de crèches qui se disent Montessori.

J’en ai vu de toutes les couleurs.

Dont certaines qui n’ont de Montessori que le nom, malgré le fait qu’elles aient TOUT le matériel, comme on en rêve en regardant dans les catalogues.

Et j’ai fait des stages dans des écoles publiques en zone d’éducation prioritaire, en Allemagne, dans lesquelles il n’y avait pas beaucoup de budget.

Où les enseignants bricolaient comme ils pouvaient.

Payaient le peu de matériel eux-mêmes.

Et pourtant, ce sont mes meilleures expériences.

Le cœur de Maria Montessori battait dans ces établissements.

 

Le quatrième élément indispensable pour appliquer la pédagogie Montessori, c’est une rigueur dans les présentations de matériel.

Cette rigueur n’est pas une rigidité.

Elle concerne l’adulte.

Pas l’enfant, qui lui, fera « comme il sait faire », comme il « peut » faire.

Je vous parlerai de présentations de matériel toute la semaine prochaine.

Chaque matériel a été conçu par Maria Montessori avec un objectif particulier.

Un matériel, un objectif.

Une étape de présentation, un focus.

Il est vital ici de bien maîtriser la présentation du matériel Montessori que l’on propose aux enfants.

Dans ma carrière, j’ai été directrice pédagogique de différentes structures.

Partout où j’étais, il était clair que les nouvelles venues ne pouvaient pas présenter de matériel aux enfants tant que je ne les avais pas eu en formation avec moi.

En attendant, elles étaient assistantes, le rôle parfait pour comprendre comment fonctionne un environnement Montessori.

Cette règle, je la fait encore appliquer aujourd’hui lorsque je vais dans des établissements qui veulent amorcer la transition vers Montessori.

Cela vous choque ?

Et pourtant, c’est la seule solution pour préserver la qualité, absolument essentielle, et que l’enfant tire le plus grand parti de ce temps précieux, que nous cherchons à sacraliser pour qu’il devienne un merveilleux véhicule de la compétence et de la confiance en soi.

Parce qu’on ne peut pas soupçonner la précision que cela demande, faire une présentation, avant d’en avoir vécue une.

Je rapproche cela à la cérémonie du thé, au Japon.

Carrément.

Chaque geste compte, a sa place, son rôle.

A contrario, des gestes parasites sont à gommer, pour éviter que l’attention de l’enfant ne s’éparpille.

Le silence doit être de rigueur, pour que l’enfant se concentre sur les gestes.

La lenteur est de mise, pour que l’enfant observe chaque détail aussi minutieux et précis que cela est possible de lui offrir.

Les gestes sont à peaufiner pour arriver à une écologie du mouvement qui prône le minimalisme, jusque
dans nos actes.

Sans accompagnement précis quant à la manière de présenter du matériel, vous risquez de compliquer la tâche, et donc l’apprentissage, de l’enfant.

De le mettre en difficulté.

De moins attirer son attention et sa fascination pour ce matériel qui a un super-pouvoir : capter l’enfant.

De le noyer dans des détails inutiles.

De perdre de vue l’objectif de premier du matériel, et comment arriver au but facilement. 

Bon nombre d’enseignants qui viennent moi voir me en me disant : je comprends maintenant pourquoi mes élèves ne s’intéressaient pas à ce matériel, je passais complètement à côté de son objectif.

C’est pourquoi j’attache autant d’importance à tous ces détails dans la formation Montessori 3-6 ans que je propose au Luxembourg et à Bruxelles. 

Que je les montre avec précision.

Que je reviens dessus pour expliquer le pourquoi du comment.

Parce que même si Montessori doit avant tout se vivre, s’il y a bien une chose que j’ai observée après plus de 10 ans de pratique, c’est qu’elle ne s’improvise pas.

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