Transvaser, trier, laver une table, empiler des cubes, faire un puzzle, manipuler des figurines d’animaux… tout ça, c’est bien gentil, c’est facile, les enfants aiment.
 
Forcément, ils vont « travailler » sur ce genre de matière.
 
Mais les tables de multiplication ? La grammaire ? Les matières moins « fun » ? Comment ça se passe ?
 
Maria Montessori nous demande de ne pas imposer un programme (c’est le propre d’une éducation de type non-formel). Ok, mais quand un enfant ne va JAMAIS vers un type de matériel. On fait quoi ?
 
Les mauvais plans :

  • Passer un « contrat » avec l’enfant, en lui donnant une liste de tâches à faire dans la journée.
  • Demander à un enfant de manière directe de prendre un matériel à un instant T, voire « distribuer » les tâches lorsque les enfants arrivent en classe.

 
Pourquoi c’est un mauvais plan ?

  • Parce que la tâche imposée, même gentiment, par l’adulte ne sera pas une tâche choisie par l’enfant, et que donc, ça ne le motivera pas.
  • Parce que, forcément, le résultat sera bof bof. L’enfant bâcle et ne retiendra pas grand-chose. Il cochera des cases, pour être tranquille.

 
Il y a une autre manière de faire pour attirer l’enfant vers ce qu’il aime moins ou vers lequel il va moins naturellement.
 
Voyons ce qui se passe pour vous :
Lorsque vous avez découvert la pédagogie Montessori, vous avez été très enthousiaste.
Vous avez adoré, cela vous a émerveillé.
De là, vous avez commencé à chercher des infos sur internet, vous vous êtes abonné à ces emails, vous avez peut-être lu des livres, voire fait un stage…
Vous étiez hyper motivé pour en savoir plus, parce que cela vous enthousiasmait. Cette motivation va vous donner l’énergie de faire des recherches, de tester avec vos enfants ou vos élèves…
Un jour, dans quelques mois ou quelques années, tout cela vous amènera à avoir beaucoup plus de connaissances sur le domaine que les personnes autour de vous.
Vous serez devenu compétent en la matière.
 
Et ça fonctionne pour tout : le jardinage, la course à pieds, la pâtisserie, la couture, l’écriture…
 
Votre compétence, vous ne l’avez pas acquise « comme ça ». Il a fallu passer par tout un processus, que je vous découpe maintenant en différentes séquences :

  • Séquence 1 : l’enthousiasme. Un sujet vous émerveille, vous passionne, suscite en vous de la joie, de l’énergie, de l’amour…
  • Séquence 2 : la motivation. Comme ce sujet vous enthousiasme, vous serez motivé : vous allez lire, pratiquer, vous entraîner, vous former…
  • Séquence 3 : la persévérance. Comme dans tout apprentissage, il y a des efforts à fournir. Vous ne parviendrez pas du premier coup à avoir un beau jardin toute l’année, à faire de parfaits macarons, à coudre une robe de soirée ou à écrire comme Gustave Flaubert… du premier coup. Pour y parvenir, il va vous falloir persévérer dans vos efforts.
    Si la raison pour laquelle vous avez entamé vos efforts n’est pas assez forte, vous abandonnerez. Par contre, si c’est une passion, quelque chose qui vous motive vraiment, vous aller poursuivre, et persévérer.
  • Séquence 4 : la compétence. Parce que vous aurez persévéré, vous allez arriver, un jour, à la compétence.

 
Le problème majeur dans l’éducation et l’enseignement, c’est que la plupart du temps, l’enfant doit se motiver et persévérer sur une matière qui ne fait AUCUN sens pour lui.
 
Est-ce que vous vous rappelez encore lorsque vous étiez à l’école et que vous vous demandiez à quoi allait vous servir ce satané théorème de Pythagore dans la vie ???
 
C’est normal, en fait. L’humain est fait comme ça. Et aujourd’hui, étant devenu adulte, vous pouvez vous permettre d’explorer vos passions et de vous motiver pour des choses que vous aimez.
 
Et bien, les enfants sont faits pareillement. Ils apprennent mieux lorsqu’ils sont enthousiastes !
 
« Oui, mais bon, il faut quand même qu’il acquière les bases, il aura des lacunes s’il ne fait que ce qu’il veut !!! »
 
Nous verrons demain pourquoi, dans la pédagogie Montessori, l’enfant ne fait pas « ce qu’il veut », contrairement à ce qu’on lit partout et ce que beaucoup de gens pensent.

Aujourd’hui, je terminerai en répondant à cette phrase :  

  • Puisque nous savons que l’enfant ne travaille réellement bien que lorsqu’il est motivé,
  • S’il y a un endroit dans la classe où il ne va jamais, ou s’il y a une matière vers laquelle il rechigne à aller,
  • Cela ne servira donc à RIEN de l’obliger à travailler…
  • Il faut SUSCITER L’ENTHOUSIASME !!!!!

 
Et pour cela, vous pouvez déjà reprendre ma technique OPA : observez ce que l’enfant aime, faites une proposition, et adaptez.
 
Demain, j’irai encore plus loin et vous donnerai un exemple concret : comment j’ai fait avec Anaïs, 6 ans, qui ne trouvait aucun intérêt à la lecture et l’écriture, en passant par sa passion… et comment elle a su lire en 2 semaines.