J’ai découvert les Loose parts (issus de la pédagogie Reggio)… dans une école Montessori ! Et oui !

J’ai fait beaucoup de stages dans des écoles Montessori en Allemagne (puisque c’est là où j’ai fait ma première formation Montessori en 2008). Un jour, je mets donc les pieds dans cette école et je découvre, outre le matériel Montessori dont j’apprenais les manipulations en formation, du matériel comme ceci dans les classes:

En Allemagne, les pratiques sont ouvertes et moins rigides qu’en France ou en Belgique. Ce genre d’activités étaient non seulement autorisées mais considérées comme importantes, pour des raisons que j’expliquerai plus loin. L’exploration et la découverte y sont bien plus libres… c’est ce que l’on appelle positivement des variantes, et pas des « détournements » comme on les appelle chez nous :

La présence de ces petits paniers m’a donc intriguée à l’époque, mais je me souviens ne pas avoir cherché plus que ça à quoi ils pouvaient bien servir.

Après la formation et quelques années de pratique, je me posais pas mal de questions, et notamment celle-ci : comment continuer à intéresser les enfants à des manipulations qu’ils ont déjà découvertes, sans tomber dans la contrainte ? Je suis retournée en Allemagne avec la collègue qui avait fait la formation avec moi, dans la petite école qui nous avait accueillies quelques années plus tôt, et j’ai retrouvé ces petits paniers avec des coquillages, des galets et autres trésors.

J’ai alors demandé : à quoi cela sert-il ?

Elle ne m’a pas parlé de Reggio, encore moins de Loose parts. Le plus simplement du monde, elle m’expliquait qu’ils servaient de deux manières :

  • À créer des mandalas et autres constructions. Les enfants aimaient les manipuler et cela les changeait du « travail ». En ce sens, ils avaient également accès à tout un coin artisanat et un autre où ils pouvaient jouer.
  • À décorer leurs variantes de matériel Montessori.

C’est là que les « puristes » risquent de s’étrangler ! Oui, oui, vous avez bien lu : lorsque les enfants commençaient à délaisser le matériel, et que les variantes ne suffisaient plus, ils pouvaient utiliser les petits galets et autres coquillages, mosaïques etc… pour décorer leurs variantes.

J’ai cherché des photos lors de l’écriture de cet article, je n’ai retrouvé que ceci, pris à l’époque alors que deux enfants travaillaient avec les barres rouges :

Eurêka, ma question trouvait des pistes de réponses ! Pour raviver l’intérêt de nos petits élèves, en rentrant avec ma collègue, nous avons mis en place quelques petits paniers que nous avons remplis de trésors. L’effet a été immédiat ! Chez les petits comme chez les grands.  Cela ne les a pas détournés du travail, bien au contraire, ils n’en étaient que plus motivés ! Je ne savais toujours pas que c’était issu de la pédagogie Reggio. Il m’a fallu encore cheminer pour comprendre… et comprendre du coup pourquoi cela fonctionnait !

Ces petits paniers remplis de trésors étaient ce que l’on appelle des « loose parts » dans la pédagogie Reggio. Littéralement, en anglais, cela veut dire « pièces détachées ».

Le but est très simple : mettre dans des contenants divers petits objets les plus simples possibles, et laisser la magie opérer. Je suis actuellement une formation à la pédagogie Reggio et vous ai déjà promis de vous en dire plus au fur et à mesure : et notamment comment et pourquoi fonctionnent les loose parts, comment les constituer etc…

En fait, si les loose parts fonctionnent, c’est parce qu’ils amènent un système d’apprentissage ouvert, comme j’ai déjà mentionné dans cet article-ci. Dans un environnement Montessori, où chaque objet a son objectif, rajouter du matériel ouvert, qui n’a pas vocation à être ou représenter quelque chose en particulier, amène de la créativité et détend énormément. Les enfants sont engagés, profondément.

Si vous êtes instit, éducateur ou parent, je vous invite vraiment à tester les loose parts.

Dans un premier temps, ne vous prenez pas la tête, faites comme moi :

  • Des contenants : bocaux, paniers, corbeilles, cache-pots en inox…
  • Des trésors : coquillages, galets, mosaïques, anneaux de rideau, écrous, perles, boutons, clés… bref, des « brols » comme on dit chez moi 😉

Surtout, le principe des loose parts c’est que l’on ne donne pas de consigne à l’enfant : il en fait « ce qu’il veut » : un mandala, une construction… les loose parts deviennent ce que l’imagination de l’enfant décide d’en faire. C’est en cela qu’ils représentent un système d’apprentissage ouvert.

Après, il existe une classification des loose parts, et différentes catégories. Promis, je vous en parle bientôt !