Régulièrement, des parents m’interrogent sur les réactions de leurs enfants. Et il y en a une qui revient fréquemment: pourquoi un enfant se transfigure et entre en crise dès qu’il voit son parent (souvent sa mère) venir le chercher le soir à la crèche / l’école / le centre aéré…, après sa journée de travail?

Ce sentiment est d’autant plus fort que, bien souvent, le professionnel, surpris par la réaction de l’enfant, rajoute: « il a été a-do-rable toute la journée!  »

Ai-je fait quelque chose de mal? Est-on en droit de se demander…

« Il te fait payer », « ce sont des caprices » nous dit notre entourage.

Et si, en réalité, c’était autre chose ?

A la naissance, l’enfant a besoin de tisser des liens étroits avec les personnes qui prennent soin de lui. Grâce à ces liens, il peut grandir et se développer en toute sécurité. Ce besoin a un nom : l’attachement.

L’enfant tissera un lien d’attachement avec ses parents, ses frères et sœurs, ses grands-parents, les professionnels de l’enfance et toutes les personnes qui s’occuperont de lui. De la qualité de ce lien dépendront par la suite ses relations sociales, sa confiance et son estime de lui.

Mais ce lien n’est pas le même avec chacun : il est particulièrement intense avec la personne qui s’occupe le plus de lui. Souvent, il s’agit de la mère. Cette personne sera sa première figure d’attachement, et l’enfant saura que, quoi qu’il dise ou fasse, il sera aimé pour ce qu’il est. C’est l’amour inconditionnel.

Avec les autres figures d’attachement, ce n’est pas forcément le cas et l’enfant aura besoin de se préserver. En effet, étant encore dépendant (plus ou moins) de l’adulte, il mettra en place une stratégie de survie qui le poussera à avoir un comportement suffisamment acceptable pour ne pas être rejeté.

Lorsque l’enfant va à la crèche ou à l’école, lorsqu’il passe la journée chez ses grands-parents ou chez des amis, il gardera en lui certaines émotions et tensions. Le stress et la fatigue s’accumulent. Imaginez que vous portez un sac à dos. Il est vide en début de journée et se remplit de cailloux à chaque émotion, contrariété, conflit, expérience… A la fin de la journée, votre sac à dos est plein à craquer, il pèse lourd sur vos épaules et vous n’avez qu’une seule envie, le poser par terre.

Lorsque votre enfant vous voit arriver à la crèche, après une longue journée, il retrouve sa première figure d’attachement, celle qui l’aime inconditionnellement, celle auprès de qui il peut hurler et taper des pieds sans craindre de ne plus être aimée et acceptée. Votre enfant dépose donc son sac rempli de cailloux très lourds car il est si lourd qu’il ne peut plus le porter.

Ce n’est donc ni des caprices, ni une tentative de culpabilisation : il décharge son stress et son émotion. Et il peut le faire car elle a profondément confiance dans ce lien à sa maman.

L’attachement, cela permet à l’enfant d’avoir un cadre émotionnellement sécurisant qui est essentiel pour se sentir bien, apprendre, grandir, se développer. Un attachement sécure est une base solide pour toute une vie, et notre mission est de devenir cette base de sécurité de laquelle l’enfant s’élancera pour devenir un adulte accompli, et vers laquelle il reviendra pour y puiser toute la force de grandir.

Le souci, c’est que bien souvent nous projetons notre propre attachement sur nos enfants. Et s’il est insécure, cela peut donner:

  • une difficulté, un malaise, un agacement quand l’enfant ressent des émotions fortes…. et une difficulté pour l’enfant de faire confiance aux autres et de bien vivre sa vie émotionnelle et sociale.
  • une peur dépassant le « raisonnable », que l’enfant grandisse, se fasse mal, n’ai plus besoin de nous… et une angoisse chez l’enfant de tout ce qui est nouveau et une difficulté à établir des relations affectives satisfaisantes, notamment.

Nous sommes bien d’accord que tout ceci fait partie de la vie de parent. Mais cela devient « problématique » lorsque cela devient douloureux pour nous et entravant pour l’enfant.

Ce qui est essentiel, au final, pour proposer à l’enfant un attachement sécure qui sera la base de toute sa confiance en soi et sa sécurité intérieure, c’est

  • de comprendre des notions clés de la psychologie du développement… pour mieux comprendre l’enfant et ses réactions
  • d’arrêter de culpabiliser, ou d’accompagner l’autre pour qu’il arrête de culpabiliser! (et croyez-moi, ça n’a pas de prix!)
  • de savoir expliquer à votre entourage ce qu’il se passe, pour mieux s’affirmer (sans agresser)… surtout lorsque l’on nous dit que notre enfant fait des caprices…
  • de mieux vivre les remarques de notre entourage, voire d’apprendre à les ignorer complètement!

Un jour, j’ai rencontré Anne en formation. Lorsque j’ai passé plus de deux heures à expliquer le lien d’attachement, elle a eu un cri du coeur: Pourquoi n’est-ce pas enseigné dans les maternités??? De ce cris du coeur, j’ai créé un accompagnement en ligne. 3 vidéos pour vous expliquer comment fonctionne le lien d’attachement et quelles sont les pistes indispensables pour créer chez l’enfant un attachement sécure.

Voyez ce qu’en disent les personnes qui ont suivi l’accompagnement:

J’ai suivi la formation en février 2019, dans le cadre de ma reconversion professionnelle, et ça a changé ma vie! J’ai apprécié de pouvoir expliquer aux mamans ce qu’il se passait lorsque leur enfant pleurait le soir à leur arrivée. Cela les a aidées à déculpabiliser, elles qui croyaient mal faire. J’avoue que je ne comprenais pas non plus, et je pensais à des « caprices ». Ce qui a beaucoup changé aussi, c’est que maintenant je suis armée pour répondre à des collègues qui viendraient me dire que j’habitue mal les enfants en les prenant dans les bras lorsqu’ils pleurent. Pas toujours facile en équipe de gérer ces problèmes-là. En tout cas, maintenant, je sais ce que j’ai à faire, et pourquoi! Un grand merci à Victoria, qui explique super bien!

Anne

Mise à jour: 8/05/2019