« C’est super »…
 Je vous ai expliqué ici pourquoi c’était l’expression à bannir.
 
Mais il y a un autre truc que vous allez provoquer chez les enfants.
 
En lien direct avec leur motivation et leur persévérance.
 
Et que vous allez pouvoir malheureusement observer assez rapidement.
 
Vous pensez encourager… en fait c’est absolument l’inverse que vous provoquez !
 
Logique:
Comment voulez-vous que je cherche à m’améliorer…
à faire mieux…
à me dépasser…
à ne pas me reposer sur mes lauriers…
à me remettre en question…

si vous me dites que ce que je fais est « super »? 
 
En gros, comment est-ce que ça pourrait être mieux ?
 
Bon, on est d’accord que ce n’est pas parce que vous me dites ce que j’ai fait est franchement pas terrible… que vous allez y arriver non plus.
 
Mais en lui disant tout le temps que ce qu’il fait est top, l’enfant ne va pas chercher à se donner plus de peine.
Pourquoi faire ?
Qu’est-ce qu’il y a de mieux que « super » ou « top » ?  
 
C’est un peu comme quand on passe notre temps à faire à la place de l’enfant… et qu’on finit par se plaindre qu’il n’est pas autonome et qu’il ne cherche pas à faire par lui-même.

Littéralement, on lui a coupé l’herbe sous le pied.

Le truc c’est que, souvent, quand on s’en rend compte, c’est déjà « trop tard ».

C’est-à-dire que vous voyez les dégâts…

Et vous vous demandez ensuite comment le motiver et comment faire pour qu’il soit plus persévérant.

Vous cherchez à le « pousser » un peu… et vous en rajoutez dans les superlatifs pour que Loulou reste motivé.

Vous l’avez compris, ce n’est pas comme ça que vous allez y arriver. 
 
Du coup ?
Vous allez chercher des infos sur le net… et vous allez tomber immanquablement (si ce n’est pas déjà fait) sur UN conseil en particulier.

Le pire conseil en réalité que vous puissiez recevoir… et appliquer. 

Et je suis d’avance désolée de vous mettre mal à l’aise si vous le suivez déjà.
Parce que vous allez vous rendre compte à quel point il est nocif pour les enfants. 

(Mais en même temps, je ne peux pas vous mentir.
Et puis rassurez-vous d’ores et déjà, il est tout à fait possible de revenir en arrière.)

Parce que ce conseil, non seulement ne va pas arranger vos bidons question motivation… mais qui va même empirer les choses niveau créativité…
 
Alors, avant de continuer, je dois d’abord vous expliquer un truc super important.
La créativité, ce n’est pas seulement faire un dessin, un bricolage ou une peinture.
Quand je résous une énigme ou un problème, je suis créative.
Quand j’improvise une recette sur une base que je connais, je suis créative.
Quand je cherche les bons mots pour vous expliquer au mieux mes idées sur l’éducation, je suis créative.

Vous avez compris le truc.
Quand un enfant bloque sur un exercice de grammaire ou un problème de maths, ce qui lui manque, c’est de la créativité.

OK.
Maintenant, revenons à ce fameux conseil, qui ruine littéralement toute la créativité des enfants. 
Et pourtant, c’est dramatique, qu’on lit partout…
Tellement d’ailleurs que ça me hérisse le poil.
 
Ce conseil ?
Décrire.
Même sans donner votre avis.
 
« Je vois que tu as représenté trois soleils »
« Et à côté de la maison, il y a des arbres et des oiseaux »
« Tu as utilisé du rouge pour dessiner le ciel »
 
Au début, moi non plus je ne voyais pas où était le « problème » à ces phrases.

Et je les prononçais aussi.

Il m’a fallu une rencontre qui a changé ma vie, en 2011, pour comprendre que c’était vraiment un truc à remplacer d’urgence. 

Cette rencontre, c’est Arno Stern, qui a passé plus de 40 ans à étudier la trace de l’enfant.

Il a notamment découvert que tous les enfants passent par les mêmes expériences de tracé, peu importe leur culture ou leur environnement.
 
Et justement, à propos du fameux « soleil » que les enfants dessinent… il s’est rendu compte que tous les enfants du monde dessinent, non pas un soleil, mais une « figure rayonnante ».

Quand vous lui dites donc : je vois un soleil, vous projetez votre réalité sur la trace de l’enfant.
 
Sauf qu’il n’a pas forcément voulu représenter un soleil.

Et comme, en plus, le soleil, il est dans le ciel (donc en haut de la feuille). Qu’il n’est ni rouge ni vert. Et qu’il n’y en a qu’un…

L’enfant, pour pouvoir dessiner une figure rayonnante, va « apprendre »  à représenter un soleil jaune, dans le coin de sa feuille, en un seul exemplaire.
C’est ce que j’appelle un « dessin appris » comme je l’explique ici.
Tous les enfants vont faire les mêmes dessins. 
Sans plus aucune créativité. 

Avec des commentaires descriptifs nous allons enfermer l’enfant petit à petit dans une représentation stéréotypée qui va le couper de ses nécessités intérieures…

Résultat? 
Il va faire ce qu’on attend de lui. 
 
Encore une fois.
 
Encore une fois, nous le privons de son autonomie, de son sens critique, de sa créativité, de sa liberté d’expression.
On le fait rentrer dans un moule.

Alors qu’au départ, on cherchait seulement à ne pas juger son dessin, son travail ou son exercice.
 
Mais en le faisant entrer dans un moule, vous vous doutez bien que l’on ne va pas l’aider à développer la motivation, la persévérance, la confiance en lui et l’énergie nécessaire pour qu’il s’exprime, cherche à faire mieux et apprenne correctement.
 
Et un enfant comme ça, c’est un enfant qui va attendre passivement la consigne.
Qui va demander si ça, ça sera demandé à l’interro.
Qui ne s’intéresse pas vraiment à ce qui l’entoure.
Qui va faire pour être tranquille…. Pas plus.
 
Pour éviter tout ça ?

Pour que l’enfant soit réellement libre dans sa créativité (en dessin, mais pas que).
Pour qu’il puisse se remettre en question et chercher à s’améliorer.
Pour qu’il ait surtout envie de le faire.

Ça commence par un pas assez simple : arrêter de décrire.

Mais ça ne suffit pas.

Parce que pour que l’enfant reconnecte sa créativité, sa confiance en lui et sa liberté d’expression… surtout quand vous avez déjà décrit pas mal, il va falloir déconstruire et reconstruire avec lui ce chemin vers lui-même.

Ça ne se passe pas en 5 minutes.

Et il existe des étapes à franchir, pas à pas, pour y arriver. 

Je vous l’explique dans mes mails quotidiens, 100% gratuits. 

Retrouvez-moi ici dès demain, dans votre boîte mails!

Positivement

Victoria