Suite à notre article sur la « normalité » des crises émotionnelles, nous allons aujourd’hui vous parler des bienfaits des pleurs… Cet article, écrit à quatre mains avec Elise, notre sophrologue, a pour objectif de vous montrer les bienfaits psychologiques des pleurs, pourquoi il ne faudrait pas empêcher les pleurs de l’enfant… et pourquoi il ne faudrait pas le laisser pleurer seul. 

 

Pleurer n’est pas une faiblesse!

A l’heure actuelle, nous pouvons constater que la majorité des adultes de plus de 30 ans a reçu une éducation dite « à l’ancienne ». Une éducation qui prône l’effort, et qui bannit toute forme de satisfaction dans le travail (l’école n’est pas censée faire plaisir ou être agréable, c’est fait pour apprendre, par exemple).

Montrer ses faiblesses devenait alors une forme d’échec.
Exprimer ses émotions frisait le ridicule.
Nous pouvions entendre de nombreuses idées fausses sur les pleurs : « Arrête de pleurer! », « Tu n’as qu’à serrer les dents! », «Retiens tes larmes !», « Tu pleures comme une fillette! », « Arrête avec tes jérémiades! »,… et que dire des « pleure, tu pisseras moins!» histoire de décrédibiliser totalement les pleurs de l’enfant.
Beaucoup d’adultes entendent encore souvent ces phrases de leur enfance résonner dans leur tête. Des phrases, des peurs et des idées fausses qui ne leur appartiennent pas mais qui pourtant ont pris une grande place dans leur vie.

Aujourd’hui, nous vous invitons à changer votre regard sur nos pleurs et sur l’expressivité de nos émotions. Dernièrement, Elise a pu prendre connaissance d’une étude biochimique passionnante qui a été menée par le Dr William Frey. Lors de cette étude, la présence d’adrénaline et de noradrénaline (hormones de stress) ont été détectées dans des larmes humaines. L’étude a conclu que le fait de pleurer nous permettrait d’éliminer ces substances et nous permettrait de réduire les effets du stress. Vous vous rendez compte? Cela signifie que le simple fait de se laisser aller lorsque nous avons envie de pleurer, nous aiderait à évacuer nos tensions, nos tracas, nos angoisses et bien d’autres choses. Cela nous permettrait également d’atteindre un état de mieux être autant physique que mental.

Cette découverte a piqué sa curiosité et, étant maman d’une petite fille de 18 mois, elle a également été attirée par les écris d’Aletha Solter.
Aletha Solter est une brillante psychologue spécialiste du développement. Elle parle des pleurs comme d’un mécanisme naturel de soulagement du stress. Notre corps aurait donc trouvé le moyen de se soulager lui-même. Nous ne pouvons donc que nous laisser aller lorsque les larmes montent et le corps trouvera naturellement son équilibre. Pleurer n’est donc pas une marque de faiblesse, un manque de courage, du laisser-aller… c’est NORMAL. De la naissance à la mort, à tous les âges. Cela ne devrait d’ailleurs pas être plus ou moins autorisé en fonction de l’âge ou du sexe (les fameux « les garçons, ça ne pleure pas! »). 

Nos enfants, eux, ne se posent pas de question.
En tout cas quand ils sont petits.
En dehors d’un besoin ou d’un désir immédiat, ils soulagent très naturellement leur stress par divers procédés : avec des mots, des jeux, des rires, des colères ou des pleurs. Souvent désarçonnés par les pleurs de leur enfant, les parents tentent souvent de trouver le moyen
d’arrêter ces pleurs. Soit le parent n’est pas conscient des bienfaits libérateurs des pleurs, soit les larmes de leur enfant vont faire écho à leur propre besoin de pleurer qui n’a jamais eu la possibilité d’être exprimé. Plus le parent va prendre conscience des bienfaits de pleurer, plus il va faire face à ses propres blocages émotionnels et plus il sera un contenant solide et sécurisant pour accueillir les
larmes de son enfant. Lorsqu’un enfant écoule ses larmes au côté d’un parent bienveillant, il lui est offert la possibilité d’évacuer son stress. L’émotion circule alors librement et l’enfant peut passer à autre chose, sans aucun « bagage » émotionnel à traîner pour la suite.

 

5 bienfaits psychologiques des pleurs d’après Aletha Solter 

Dans son livre « Pleurs et colères des enfants et des bébés », Aletha Solter nous explique que pleurer a des bienfaits psychologiques importants:
– Améliorer l’équilibre émotionnel
– Accepter les pleurs contribue à un attachement satisfaisant entre parents et enfant
– Les enfants qui peuvent pleurer ont une plus grande confiance en eux-mêmes
– Les enfants qui peuvent pleurer sont plus faciles à vivre
– Les enfants qui peuvent pleurer apprennent plus facilement.

Par conséquent, lorsque nous acceptons les décharges émotionnelles de notre enfant en toute bienveillance, nous lui offrons la possibilité de se réparer.
Les pleurs sont donc bénéfiques, et il est important que l’enfant puisse avoir l’autorisation de pleurer sans se faire rabrouer, voire humilier, ou tout simplement sans que l’adulte ne fasse tout pour faire cesser les pleurs. 
Accueillir les pleurs de son enfant n’est pas toujours évident. Cela peut nous ramener à des émotions personnelles désagréables, nous mettre devant l’impuissance de soulager notre enfant (ce qui, pour un parent, est un sentiment difficile), nous agacer, nous épuiser… Nous verrons dans les articles suivants comment accueillir et verbaliser les pleurs de nos enfants. Prendre conscience que pleurer est normal, et bénéfique est déjà un grand pas. Arrêter de vouloir stopper les pleurs à grands coups de « ce n’est rien », est un pas encore plus grand. Simplement faire ça: autoriser l’expression des pleurs. Accompagner par notre présence. Une main sur une épaule, un câlin, un « je t’aime et je comprends »…

 

Pleurer oui, pleurer seul, non!

Pleure est donc bénéfique, peut importe l’âge. Mais attention, ce n’est pas une raison pour laisser l’enfant pleurer seul dans sa chambre ou dans son transat, sans venir le consoler. Pleurer oui, pleurer seul, NON!
Notre présence reste absolument indispensable auprès d’un enfant en détresse. Notre rôle sera alors de le rassurer et de lui offrir un contenant pour déverser ses larmes. Car autant le niveau de stress diminue lorsque l’enfant pleure dans les bras ou auprès d’une figure rassurante, autant, lorsqu’il pleure seul, c’est l’inverse: sa détresse augmente, son taux de stress monte…. Pleurer est toujours un appel! L’enfant a toujours quelque chose à nous dire! Même si ce sont des pleurs de décharge, la proximité émotionnelle, physique et verbale reste vitale! 

Voici une vidéo explicative du Docteur Catherine Gueguen sur la question épineuse: Faut-il laisser son enfant pleurer la nuit? 

 

Prochainement, Elise vous livrera son témoignage de maman, qu’elle a écrit en complément de cet article… elle y approfondira cette question: « Pourquoi je n’ai jamais laissé pleurer ma fille (seule)? ». Cet article a été écrit dans le but de témoigner, mais aussi et surtout d’offrir un soutien aux parents qui ont fait ce choix, souvent incompris dans l’entourage familial et amical.