Découvrez dans cet article l’essentiel pour créer vos propres activités Montessori de vie pratique.

Suite à l’article sur les atouts du matériel de vie pratique Montessori pour les enfants du 21e siècle (en résumé : concentration, écriture, autonomie, à lire ici), je voulais vous donner quelques pistes pour créer vos propres activités de vie pratique… mais des activités qui correspondent aux critères de la pédagogie Montessori et qui ont du sens. Dans le précédent article, je mentionnais déjà que Pinterest et Google n’étaient pas forcément vos meilleurs amis si vous souhaitiez mettre en place des activités de vie pratique. En effet, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’erreurs sur le net.

Voici donc 3 pistes à suivre pour créer des activités de vie pratique Montessori « correctes » et qui ont du sens.

 

Isoler la difficulté

Ce premier point est la BASE. Et pourtant c’est l’élément qui est le plus souvent ignoré lorsque vous surfez sur le net.

De quoi s’agit-il ? Comme son nom l’indique, le but est d’isoler la difficulté dans l’activité à proposer aux enfants.
Objectifs : permettre à l’enfant de se concentrer sur la compétence à développer et éviter de le mettre en échec en lui présentant trop de difficultés à la fois.
Comment ? Lorsque vous créez une activité, posez-vous une question essentielle : quelle est la compétence que j’aimerais que l’enfant développe en réalisant cette activité ? Verser ? Transvaser ? Trier ? Pincer ? Choisissez UNE difficulté.

Le plus souvent, les jouets du commerce proposent deux, trois, voire quatre difficultés dans la même activités. J’avais écris un article sur l’arnaque au matériel Montessori, concernant tous ces vendeurs qui proposent aux parents et professionnels des jeux soit disant « Montessori », mais qui n’en respectent aucun critère… et notamment le critère de l’isolation de la difficulté.

Si un enfant maîtrise une activité, il vaudrait donc mieux accentuer la difficulté d’une activité, plutôt que de lui mettre plusieurs difficultés sur la même activité.
Exemple : si l’enfant maîtrise le transvasement à l’aide d’une pince à sucre, passez à la pince à thé, la pince à escargots, la pince médicale ou pince barbecue (qui s’ouvrent comme une paire de ciseaux)… et même la pince à épiler !
Gérer la double contrainte (type tableau à double entrée) ne devrait jamais se proposer avant 6 ans (en moyenne), car cela nécessite une capacité d’abstraction permise grâce à la maturation du néo-cortex de l’enfant.

Voici donc quelques photos de ce qu’il ne faudrait PAS faire… ces photos viennent d’Internet, et vous comprendrez bien que je ne cite pas mes sources cette fois ! 😉

Encastrer ET choisir le bon bouton

Trier ET manipuler la pelle

Trier ET ouvrir/fermer les pinces à linge

Suivre l’intérêt de l’enfant

Pourquoi ? Si Montessori vous intéresse, peut-être que vous avez déjà passé un certain temps à préparer une activité… qui finit par faire un flop royal auprès de votre enfant ou de vos élèves !
Le piège, c’est de réaliser une activité avec des matériaux qui nous parlent, à nous, qui mobilisent des gestes qui nous semblent importants… mais que cela ne correspond ni aux besoins ni aux intérêts de l’enfant !

Comment ? Je vous invite à développer votre sens de l’observation, et à enrichir le milieu de l’enfant avec des objets et des activités qui répondent à ce qui l’intéressent LUI.
Par exemple, si vous observez qu’un enfant passe son temps à toucher à tout ce qui l’entoure, pourquoi ne pas proposer un bac à manipulation, avec des marrons ou de la semoule. Ce n’est pas une « activité Montessori » ? Quelle importance, si cela répond à l’intérêt de l’enfant !
De la même façon, un plateau de transvasement aura de l’intérêt pour l’enfant qui aime transvaser et un plateau de tri sera intéressant pour celui qui traverse la période sensible de l’ordre (à découvrir ici).

Avant de créer une activité, demandez-vous donc ce qui intéresse l’enfant en ce moment, et vous aurez ainsi une belle chance de l’enthousiasmer !

 

Les caractéristiques pratiques

Une fois que vous pensez avoir déterminé l’intérêt de l’enfant et que vous savez comment isoler la compétence à travailler, je vous propose quelques caractéristiques pratiques immuables :

  • Toutes les activités sont disposées dans des paniers, corbeilles ou plateaux, en fonction du matériel. Cela permet à l’enfant d’aller chercher le matériel en une seule fois. Privilégiez le bois, l’osier et le bambou au plastique.
  • Le matériel est constitué d’objets véritables, et non de jouets. Pichets, carafes, bols, boulons, cadenas, mais aussi sécateurs, paires de ciseaux, économes… L’enfant a besoin de manipuler des objets véritables. Maria Montessori pensait que l’enfant méritait de manipuler de « vrais » objets… et quand on voit l’intérêt qu’ils portent aux casseroles ou aux télécommandes, on se rend bien compte que cela mobilise et engage l’enfant beaucoup plus la manipulation… notamment parce que ce sont ces objets-là que nous, adultes, manipulons !
  • Le matériel est également constitués d’objets cassables, en verre ou en porcelaine. Evitez donc le plastique absolument ! Le but est que cela… casse, justement ! En réalité, cela cassera très peu, car le matériel va agir sur l’enfant. Ce super pouvoir est dû à la matière cassable : avec le plastique, il n’y a pas de conséquence, avec du verre ou de la porcelaine, si. Nous aidons donc l’enfant à développer son respect pour l’environnement qui l’entoure. Lorsque l’enfant commence à vouloir vous aider à mettre la table ou vider le lave-vaisselle, ce n’est pas donc pas le moment d’utiliser le service de votre mariage. Notre ami suédois vend des assiettes à 50 centimes qui font très bien l’affaire. Et, lorsque vous achetez votre matériel pour créer des activités, prévoyez au début d’acheter les éléments en double exemplaire, afin de pouvoir réassortir.
  • Les objets sont assortis en terme de couleur. L’idée est que ce soit harmonieux en évitant le côté bariolé. La sobriété et le minimalise qui définissent les ambiances Montessori doivent se retrouver dans les plateaux. Petite astuce : utilisez le même modèle de bol, pichet, carafe, récipients… au travers de tous vos plateaux. Ainsi, si un élément casse, il sera plus simple de le remplacer, que si chaque plateau contient des éléments différents.
  • Les plateaux devraient aussi contenir des objets que l’enfant retrouve à l’usage quotidien.

La semaine prochaine, je vous proposerai des exemples concrets de plateaux d’activités, qui ne seront pas forcément à copier tels quels, mais qui pourront vous donner des idées pour démarrer ou relancer votre créativité ! En attendant, je suis sûre qu’il y a déjà matière à faire, pour corriger vos plateaux existants ou pour commencer à en créer ! 😊