Partage de l’email de formation envoyé ce jour à ma liste:

Il y a quelques années, j’ai rencontré des enseignants qui venaient en observation dans ma classe pour savoir si la pédagogie Montessori pouvait leur convenir ou pas. 

J’ai adoré cette période car j’ai fait de magnifiques rencontres, ai assisté à de belles révélations… 

Dans un sens comme dans l’autre. 

Lorsqu’un visiteur venait dans ma classe, en observation, la consigne était claire: rester assis sur un petit tabouret et se faire le plus discret possible. Eviter d’interagir avec les enfants. Observer. Absorber. 

C’est la consigne dans la plupart des écoles Montessori. 

Je vais vous raconter trois anecdotes, où ça ne s’est pas passé comme prévu. 

Et quelle conclusion j’ai pu en tirer. 
 

*

Un jour, l’un d’entre eux s’est assis sur le tabouret que je lui ai tendu… et a respecté la consigne d’y rester pour observer, en retrait, à peu près… 3 minutes. 

Il a commencé à prendre la deuxième boîte de couleurs et à tripoter des tablettes. 

Puis il a alpagué un enfant qui passait en lui demandant de s’asseoir pour faire l’exercice avec lui. 

Je faisais une présentation. Mon assistante n’a pas osé intervenir. 

J’ai juste eu le temps de terminer ce que je faisais, pour stopper la présentation complètement erronée qu’il faisait à cette petite fille. 

Je lui ai rappelé la règle: la présentation d’un matériel ne se fait que lorsque nous avons été initié à la présentation.

Il a tenu… 5 minutes. 

Et il a explosé en disant que ce n’était pas possible, une classe où ce n’était pas l’enseignant qui décidait! 

Il est parti. 

En claquant la porte. 

*

Quelques mois plus tard, un autre enseignant. 

Une dame que j’avais eue quelques demi-journées en initiation, et qui avait appris quelques présentations. 

Elle venait en stage pratique et était autorisée à présenter du matériel de vie pratique. 

Un enfant de 6 ans s’amusait à transvaser de l’eau d’une théière dans deux tasses. 

Activité qu’il maîtrisait depuis longtemps et qu’il aimait faire pour se détendre. 

Cela faisait au moins 10 minutes qu’il réalisait l’activité, parfaitement. 

Et elle, je la voyais bouillir, ne plus tenir à ne pas passer à l’action. 

Vouloir « faire » quelque chose. 

Montrer un matériel à un enfant. 

Elle a donc décidé d’interrompre le travail de cet enfant en lui disant qu’elle allait lui montrer le travail. 

Il a protesté. 

Elle a insisté. 

Il n’a plus retouché le matériel de la matinée.

Je lui ai gentiment fait remarquer ce qui venait de se produire. 

Elle n’a jamais fait le lien entre son intervention et l’arrêt du travail, malgré mes questions. 
 

 

*

Dernier exemple avec un enseignant du primaire qui venait faire un stage pratique de plusieurs mois avant de prendre une classe. 

Les enfants travaillaient tous. 

J’avais le temps de me poser. (oui, cela arrive! 🙂 )

J’ai vu ce petit garçon sur son opération. 

Il manipulait les timbres avec précision et concentration. 

L’enseignant passe derrière lui. 

L’enfant était toujours concentré sur son travail. 

Il ne lui demandait rien. 

L’enseignant lui dit, après un instant d’observation: c’est correct!

L’enfant se retourne, l’air surpris. 

Et lui répond: je ne t’ai rien demandé!

L’enseignant, je l’ai vu, était choqué de cette réponse. 

Pourtant, elle n’a pas été faite sur un ton agressif, méprisant ou marquant un quelconque manque de respect. 

C’était la vérité pure, dite avec l’innocence et la spontanéité d’un enfant. 

La vérité sort de la bouche d’un enfant, dit-on. 

L’enseignant est venu me voir, outré. 

Il a commencé à me raconter ce qui c’était passé. 

Je lui ai doucement répondu: mais c’est vrai, il ne t’avait rien demandé… 

Plus tard, à « froid », je lui ai expliqué:

« Tu es intervenu alors que l’enfant travaillait calmement et ne semblait pas ressentir une quelconque difficulté, ni un besoin de vérification, qu’il aurait pu obtenir autrement que par ton aval. 

Maria Montessori nous invite à ne pas briser la bulle de concentration d’un enfant, et n’intervenir que lorsque cela est vraiment nécessaire. 

A savoir: s’il y a danger, si l’enfant dérange les autres ou abîme le matériel. Ici ce n’était pas le cas. « 

L’enseignant est resté bouche-bée. 

Non, cet enfant n’était ni impertinent ni arrogant.  

Elle aurait été prononcée par un adulte, aurait-il réagi de la même façon? 

Au final, ce qui est dur à encaisser, est-ce la remarque ou ce à quoi cela nous ramène, nous? 
 

*

Ces trois personnes n’étaient pas de « mauvaises » personnes. 

Ni de mauvais enseignant. 

Et par ailleurs, ils réalisaient de magnifiques projets. 

Pour autant, la pédagogie Montessori, à ce moment-là, a été difficile à vivre et expérimenter pour eux. 

Pour certains, elle a même été une non-rencontre: impossible de se projeter dans ce rôle si différent de celui qui est traditionnellement transmis. 

Est-ce que la pédagogie Montessori est « adaptée » à tous les enfants? – Oui, clairement. 

Est-ce que la pédagogie Montessori est « adaptée » à tous les adultes? – Pas forcément. 

C’est sûr, la pédagogie Montessori, c’est confrontant. 

Cela nous demande de nous déprogrammer de nos vieux schémas. 

De nous remettre en question. 

D’accepter de ne pas tout contrôler, et de partager le « pouvoir » avec les enfants. 

De ne pas être dans le pouvoir, en fait. 

De faire confiance à l’enfant et d’apprendre à changer de regard sur lui. 

Tout ça n’est pas évident et fait partie d’un cheminement qui ne s’arrête jamais. 

Lâcher le connu pour l’inconnu, ce n’est pas facile. 

Tout comme revoir entièrement sa pratique. 

Ces trois enseignants, je ne les blâme pas, ni ne les juge. 

Moi aussi je me suis trompée. 

D’ailleurs, je vous préparer un petit melting pot de mes « pires » erreurs dans une classe Montessori. 

Personne n’est parfait. 

Et d’ailleurs, ce n’est pas le but. 

La pédagogie Montessori, c’est même une culture de l’erreur. 

Tout ça, au final, c’est une question de sensation, de ressenti. 

Lorsque j’ai lu Maria Montessori pour la première fois, j’ai eu la sensation qu’elle posait des mots sur ce que je ressentais depuis toujours. 

Lorsque j’ai mis le pied pour la première fois dans une classe Montessori, j’ai su que j’étais au bon endroit, et que plus jamais je ne voudrais vivre les choses autrement.

J’avais la sensation profonde d’être à ma place. 

Au début, j’ai galéré, je vous en reparle bientôt. 

De ces années d’expérimentation et d’essais-erreurs, j’en ai construit une formation. 

Dans cette aventure de 26 jours, je vous accompagnerai  pour vous permettre de travailler votre posture, notamment. 

Venez me rencontrer au Luxembourg ou à Bruxelles dans le cadre de la formation Montessori 3-6 ans. 

Cette formation est également disponible en ligne (prochaine période d’inscription: 1-15/09/2019). 

Faites partie des gens qui vont plus loin que ce qu’ils voient sur les réseaux.

Devenez éducateur Montessori 3-6 ans

Enfance Positive vous propose plusieurs possibilités pour atteindre votre objectif et développer de manière sérieuse vos connaissances sur l’enfant ainsi que vos compétences en présentation de matériel Montessori: