Suite à mon mail sur les erreurs que beaucoup commettent à propos de la pédagogie Montessori, j’ai eu beaucoup de réactions sur Facebook… positives comme négatives.

Et j’ai trouvé ça passionnant à lire et à suivre parce que ça révèle quand même pas mal l’état d’esprit, les croyances et les difficultés de certaines personnes. 

Parmi les retours « négatifs »… j’ai beaucoup lu que « de toute façon, le plus important c’était de faire à sa sauce ». 

C’est de cette fausse bonne idée que je vais vous parler aujourd’hui. 

Parce que NON, faire à sa sauce n’est pas du tout du tout… une bonne idée quand on parle de pédagogie Montessori. 

On pourrait intuitivement croire que le plus important, c’est de le faire avec amour. 

Certes, l’amour, la bienveillance… c’est la base. On est d’accord. C’est même tellement logique pour moi que je n’ai pas pensé à le spécifier. 

Mais ce qu’il faut comprendre c’est qu’en faisant à sa sauce, on risque d’être contreproductif, voire de faire des dégâts (je vous donne des exemples de lectrices plus bas). 

 

Par contre, avant de vous expliquer pourquoi faire à sa sauce n’est pas une bonne idée, on va tout de suite se mettre d’accord sur un point: 

NON, vous n’êtes pas un mauvais parent si vous ne pratiquez pas la pédagogie Montessori avec votre enfant! 

NON, sa vie ne va pas être « fichue à tout jamais » si vous proposez des blocs à 3 cylindres au lieu des 10 réglementaires. 

MAIS. 

SI vous CHOISISSEZ de le faire… si vous voulez accompagner vos enfants avec la pédagogie Montessori… vous devez savoir qu’il y a une façon spécifique de le faire. 

A minima, du moins. 

Il n’y a rien de rigide, de figé dans le marbre. 

Mais il y a quelques « règles ». 

Les règles, c’est toujours pareil: c’est pas pour vous embêter. C’est pour vous aider à offrir le meilleur à l’enfant. 

Parce que la pédagogie Montessori ce n’est pas un truc qu’on peut prendre « comme ça », en ayant vu passer un truc à l’arrache sur Instagram ou Pinterest. 

La pédagogie Montessori ne s’improvise pas!!! 

Pour autant, ce n’est pas non plus une recette de cuisine à suivre à la lettre non plus! 

 

La pédagogie Montessori se base sur une logique d’acquisition des compétences. 

Voici l’un de ses secrets.

En se basant sur l’observation, le but est de savoir où en est l’enfant de ses intérêts, de ses compétences, de ses forces et de ses faiblesses. 

Et à partir de là, nous lui proposons un matériel susceptible à la fois de rencontrer son enthousiasme… ET de faire sens pour lui dans son développement. 

En faisant à sa sauce, on ne peut pas avoir conscience de tous les objectifs que travaille le matériel Montessori.

Par contre, ça ne veut pas dire que nous sommes obligés de ne proposer QUE du matériel Montessori.

Une fois la logique comprise, on peut s’éclater à compléter avec pleins d’activités et d’outils autres.

C’est d’ailleurs ce que je fais et ce que je prône.

Mais je le conseille une fois la logique maîtrisée, sinon, on prend le risque soit de proposer du matériel

– trop tôt (ce qui supprimera l’intérêt de l’enfant au moment où il en aurait besoin pour développer ses compétences)

Audrey, assistante maternelle, l’a bien observé: « j’accueille des enfants d’âges différents, et lorsque que mon fils 1 an va pour jouer avec outils mis à la disposition de mon 3,5 ans on voit clairement qu’il ne voit pas d’intérêt. Le soucis c’est que tout le monde veut faire du Montessori et que tout est mélangé. »

– trop tard, sans effet donc puisque la compétence sera acquise (le matériel est donc rendu complètement inutile, et ne suscitera aucun intérêt). 

– inadéquat, avec le risque de faire perdre confiance en l’enfant ou de le mettre en échec (le problème de ces « jouets » Montessori qui ne respectent plus les critères de la pédagogie). 

– dans un ordre qui ne serait pas logique, ce qui va provoquer soit son désintérêt, soit une difficulté conséquente pour l’enfant. 

 

Et d’ailleurs, avec la mode Montessori, je vois de plus en plus de dérives. Donc de plus en plus de dégâts sur les enfants. 

Pour exemple, je vous donne le message d’une maman que je vais décortiquer devant vous: 

Bonjour. Merci pour cet article. Je pense malgré tout qu’outre la progression et l’âge il faut aussi savoir s’adapter aux enfants. mon fils a été de école montessori pour la maternelle. En GS, l’enseignante formée AMI s’evertuait à lui présenter les couleurs avant lez lettres. Elle lui avait d’ailleurs expliquer que tant qu’il ne les reconnaîtrait pas, elle ne lui présenterai pas les lettres. En GS. Sachant qu’en ps, elle avait été informée qu’il était daltonien lourd et que déjà les mise en paire posaient problème. Alors tout le travail  »personnalisé » autour de la gamme chromatique des couleurs à été très mal vécu par lui. Résultat, en CP, il m’informe qu’il ne pourra Pas lire car il est daltonien. Vous parlez de confiance en soi, de désintérêt…. Dans le cas de mon fils ceux ci ont justement été causé par le respect strict de la progression à recommander. Il s’agit d’un simple exemple -qui me fait enrager- mais j’imagine aisément l’importance de ne pas tjs suivre à la lettre les recommandations et la nécessité de s’adapter à l’enfant que l’on a en face de soi

Pourtant ici, on ne peut pas dire que l’enseignante n’était pas formée. 

Mais JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS…. on ne fait ça avec un enfant. 

Je ne juge pas l’enseignante, hein, je préviens. 

 

Mais décortiquons un peu: 

Les tablettes de couleur ne sont en rien un prérequis pour les lettres rugueuses. 

Surtout quand on est en présence d’un enfant daltonien. 

Si on réfléchit en terme de logique d’acquisition de compétences, comme je le conseille à mes stagiaires, on comprend vite ici que les couleurs n’ont aucun intérêt. Du moins si l’enfant ne le voit pas, lui, l’intérêt. 

Sans parler de braquer le gamin et lui faire perdre confiance en lui. 

(Faites donc toujours bien la différence entre la pédagogie et ceux qui la pratiquent, car parfois il y a un monde). 

La pédagogie, elle, est scientifique. 

Et désolée pour celles et ceux qui me disaient ne pas avoir envie de voir le développement de l’enfant comme une science… 

C’est pourtant uniquement comme ça qu’on pratiquera une pédagogie au service de l’enfant. Montessori ou autre. Et pas seulement parce que ça fait bien. Ou parce que c’est à la mode. Mais parce que c’est adapté à l’enfant, à ce moment-là. 

D’ailleurs, Maria Montessori dans sa grande ouverture de coeur et d’esprit a dit une phrase très juste: Une manière de mesurer la pertinence d’un modèle éducatif est le niveau de bonheur d’un enfant. 

Je pense que ça dit tout, et que ça balaie pas mal les préjugés de rigidité sur cette belle pédagogie. Non? 

Et si vous voulez plus d’astuces, de réflexions et de pistes sur les pédagogies alternatives et les approches bienveillantes de l’éducation, je vous retrouve ici pour les mails quotidiens, 100% gratuits.  

Positivement

Victoria