Suite à notre article sur les bienfaits des pleurs (dans lequel nous expliquions pourquoi il ne fallait pas laisser bébé pleurer seul), Elise et moi avons cherché une maman pour témoigner. Du fait que chacun y allait de son avis (mais laisse-la donc pleurer, sinon tu ne vas jamais t’en sortir! Et puis, ça lui fera les poumons!) sans pouvoir s’en empêcher (c’est fou quand même, quand on y pense!), que ces avis étaient en général contradictoires et laissaient le jeune parent perdu, un peu plus perdu encore… comme si le fait de naître parent ne suffisait pas… mais en réalité, ces avis (même les moins « bienveillants ») sont généralement donné de bonne foi, avec une intention positive). 

Nous cherchions donc un jeune parent pour venir témoigner. De ces conseils, de ce sentiment d’égarement, de cet instinct puissant qui balaie tout… Il ne nous fallait pas chercher loin: nous sommes tous parents, chez Enfance Positive. Pour Elise, c’était une évidence, en lien avec l’article précédent. Elle vous partage donc son ressenti… et la lettre qu’elle a écrite pour sa fille. 

 

Les pleurs de bébé : chacun a son avis

Quelle maman n’a pas été confrontée un jour aux conseils de son entourage concernant les pleurs de son bébé?
Ces petites phrases qui s’insinuent au détour d’une conversation, qui s’invitent au repas de famille faisant planer une ambiance pesante, gênante et parfois culpabilisante.
Des petites remarques, des conseils qui viennent fragiliser une « bulle » familiale en pleine recherche de son équilibre.
Plus j’y réfléchis, plus je ne peux m’empêcher de me poser la question : « Pourquoi ce sujet est-il à la fois si délicat et si populaire? »
Il est évident que lorsque nous abordons ce thème, nous allons toucher à de nombreux sujets annexes : la fatigue, les bouleversements hormonaux suite à l’accouchement, la fragilité d’un couple après l’arrivée de bébé, etc… Ces facteurs concernent tout le monde et vont toucher à nos instincts les plus profonds. Et pourtant… chaque parent va faire face aux pleurs de son enfant de manière différente avec son vécu, son passif, son ressenti, ses relations familiales, ses envies et bien d’autres choses.

Mais alors? Pourquoi ces conseils? Pourquoi la majorité des personnes semblent se sentir à ce point porteur d’une mission qui pourtant nous dépasse tous?
Et petit à petit, je comprends…
Ces conseils, ces petites phrases peuvent avoir un impact énorme sur nous étant donné notre vulnérabilité du moment. Mais elles partent évidemment d’une bonne intention. Elles sont parfois maladroites et souvent à côté des réels besoins physiologiques et psychologiques du bébé. Mais, en donnant leur opinion, l’entourage peut vivre ou revivre l’arrivée d’un enfant à travers notre histoire. Cela leur permet également de participer à ce miracle qui nous chamboule tous. Lorsqu’ils nous voient au bout du rouleau, nos proches tentent de nous aider, du mieux qu’ils le peuvent.

 

Lettre à ma fille

Parfois fragilisée par ces petites phrases assassines, je n’ai pas toujours su rendre clair ma position sur les pleurs de mon enfant. Alors, aujourd’hui, c’est en m’adressant directement à la principale intéressée que je parviens à mettre des mots sur mon ressenti.

«Ma fille, tu es là, logée dans mon coeur, avec cette impression toujours plus forte que cette énergie emplie d’amour qui m’inonde pourra grandir avec toi. Lorsque tu es née, notre séparation n’ a pas été évidente. Mais très vite, tu as pris tes repères, presque plus rapidement que moi. Ton arrivée a été la possibilité pour ton papa et moi de naître également, d’une certaine manière : en tant que parents bien sûr, mais également en se remettant en question sur une bonne partie de nos certitudes. Les premiers mois, tout était irréel. Tu étais minuscule et porteuse d’une telle immensité de douceur que tu nous as complètement chavirés.
Notre responsabilité était de tout faire pour te protéger et faire en sorte que notre cocon familial soit un environnement épanouissant pour toi.
Tes premiers pleurs m’ont complètement déstabilisés. Je me sentais complètement désarmée. Mes tentatives pour t’apaiser semblaient vaines et mes efforts inefficaces. Et pourtant, lorsque tu pleurais, aucune décision, aucun argument ne s’imposait à moi. Seulement la certitude au plus profond de mes entrailles que tu m’appelais, que tu avais besoin de moi.
Nous avons alors décidé d’être à l’écoute : à l’écoute de tes besoins mais également à l’écoute de notre instinct de parent. Un jour, tu as pleuré, un peu plus que d’habitude. Et j’ai compris.
J’ai compris qu’une fois tes besoins primaires comblés, seule ma présence pouvait t’aider. Plutôt que d’essayer d’arrêter ces pleurs, je ne pouvais qu’être le contenant, le vase pour récolter tes larmes, tes peurs, tes angoisses peut-être. Un vase qui je l’espère, te permettra de grandir de la meilleure manière possible. »

 

Pourquoi il ne faut jamais laisser son bébé pleurer seul ? 

Imaginez la scène (exemple issu d’une conférence de Catherine Gueguen): 

Vous n’arrivez plus à retenir vos larmes et vous pleurez lors d’un dîner entre amis.
Personne n’essaye de vous consoler.
Personne n’essaye de comprendre ce qui ne va pas.
Et vous êtes là, tout seul, avec vos larmes.
Les convives parlent entre eux sans même vous regarder.
Vous vous sentez transparent et vos émotions semblent niées.

Que ressentiriez vous en tant qu’adulte?
Pour un bébé, la détresse est d’autant plus grande qu’il n’a pas la possibilité de parler.
Lorsqu’il pleure, votre présence est d’autant plus indispensable.
Non seulement votre enfant sera rassuré, mais il développera une meilleure confiance en lui-même et envers les autres.
Lorsque nous répondons aux besoins de l’enfant, nous aidons à la bonne maturation de son cerveau.

Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur les pleurs de l’enfant