Pourquoi les crises émotionnelles d’un jeune enfant sont « normales »?

Prenons un exemple: vous.

Vous arrivez au travail, vous voulez vous préparer une tasse de café, mais la cafetière est en panne. Vous êtes frustré, certes, mais vous arrivez à vous dire: « ce n’est pas grave, au final, il y a pire ».

Ce qu’il s’est passé, c’est que vous avez pris du recul, analysé la situation, tempéré votre frustration (même si vous aviez très envie de café!)… vous avez géré votre émotion.

Prenons un autre exemple: votre fils de 3 ans.

Il joue avec sa soeur de 18 mois.

Elle lui prend son robot super-mega-chouette.

Et là, c’est le drame…

Il hurle, crie, tape des pieds, pleure, se roule par terre, devient tout rouge, tout bleu, tout blanc (non, non, il n’est pas patriote, il est juste très fâché).

Vous osez un « Mais enfin, ce n’est rien, et puis, tu en as pleins d’autres, prête-lui donc tes jouets »…

Et là, c’est le cataclysme, la troisième guerre mondiale, vous venez d’ouvrir une faille spatio-temporelle.

Votre fils est défiguré par la colère, il nous vous écoute plus, complètement pris dans sa transe impressionnante.

Cela marche également pour un désir de chocolat au supermarché à 18h auquel vous dites non (même en prenant le temps de vous agenouiller pour lui expliquer votre décision) ou encore une demande pour aller au bain alors qu’il était en train de jouer.

C’est là, précisément, qu’on va vous dire qu’il est capricieux, votre enfant. Que c’est quand même pas normal, ces crises.

En fait, si notre cerveau d’adulte arrive à prendre du recul sur une situation, analyser les choses, se dire que ce n’est pas si grave que cela, et que notre vie ne va pas dépendre de cette tasse de café que l’on ne parviendra pas à boire ce matin-là, c’est que notre cerveau est CAPABLE de le faire.

Notre cerveau est divisé en trois parties: le cerveau reptilien, le cerveau limbique et le néocortex.

La zone du cerveau, capable de tout ça, c’est le néocortex, ou cortex préfrontal, la partie en orange sur la photo. 

Tout le secret de ces crises émotionnelles se trouve dans ce fameux néocortex. 

Grâce aux découvertes des dernières années en matière de neurosciences, nous pouvons aujourd’hui expliquer ces crises.

Il ne s’agit pas d’être un « bisounours »: c’est scientifique.

Connaître le fonctionnement du cerveau d’un enfant est la base pour adopter une posture bienveillante et dissiper les grands malentendus qui pourrissent les relations entre enfants et adultes. (et pour clouer le bec à tata Jeanine, c’est super aussi! Même si elle ne vous croit pas, au moins, vous aurez la paix!)

Reprenons les trois parties du cerveau:

  • Le cerveau reptilien (ou archaïque), qui a pour mission de gérer les fonctions vitales de notre corps, est responsable également de nous aider à réagir en cas de danger / stress. Il nous fera réagir instinctivement soit en fuyant, soit en contre-attaquant, soit en nous paralysant (la fameuse sidération psychique que connaissent les victimes d’événements violents). Cette partie du cerveau étant fonctionnelle dès la naissance (et même avant), notre bambin chéri peut donc très rapidement se défendre lorsqu’un copain lui pique son camion rouge, par exemple.
  • Le cerveau limbique (ou émotionnel), qui a sous sa responsabilité, entre autres, la sphère émotionnelle. Fonctionnel dès la naissance également, il permet à l’enfant de ressentir des émotions comme la joie, la colère, la peur, la tristesse…
  • Le néocortex est la partie du cerveau qui permet de gérer les deux autres. C’est le capitaine du navire: il gère et tempère les émotions, aide à prendre du recul et à analyser une situation… mais il permet aussi de faire la différence entre la réalité et la fiction, d’entrer dans des apprentissages abstraits comme la lecture et le calcul… C’est donc lui qui nous permet de ne pas assommer notre voisin qui pour la Xième fois a laissé sa poubelle devant notre entrée de garage.

Le hic, c’est que durant les 5 à 6 premières années de vie d’un être humain, notre capitaine est là, sur le navire, mais il « dort ». Le bateau traverse les océans, le vent se déchaîne, les tempêtes hurlent… et lui, il pique un petit roupillon.

Cette image me permet de vous expliquer que le néocortex est une partie très immature du cerveau de l’enfant.

Il est « là », mais les connexions entre le néocortex et les deux autres parties du cerveau sont imparfaites et difficiles…

Ce qui amène donc à notre explication: les crises émotionnelles d’un jeune enfant sont normales, car la partie de son cerveau capable de gérer les émotions et se contrôler est immature. CQFD.

Ce n’est donc pas un caprice (lire ici notre article sur les « caprices »).

 

Ces crises sont donc normales… et même bénéfiques!

Vous l’aurez compris, un enfant vit des tempêtes émotionnelles ÉNORMES, qu’il n’est pas capable de contrôler.

Mais pourquoi vais-je donc jusqu’à dire qu’elles sont bénéfiques, ces crises?

Tout simplement parce que c’est le seul moyen pour l’enfant de se libérer de son trop plein émotionnel, du stress qu’il accumule tout au long de la journée.

Beaucoup d’adultes ne se rendent pas compte du stress des enfants.

Aller à la crèche ou à l’école, c’est vivre des expériences, des stimulations, des frustrations, c’est être en présence de figures d’attachement qui ne sont pas maman ou papa.

Comme tout le monde, les enfants ont dans leur dos un sac « imaginaire » qu’ils remplissent de cailloux à chaque stress, contrariété, émotion… et quand le sac est plein… il est plein.

Il explose, car l’enfant ne sait pas encore comment diriger sa décharge émotionnelle de manière constructive.

C’est bien souvent un petit détail qui le fait exploser… ne dit-on pas que c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase?

Le « non » pour le paquet de bonbons à 18h.

C’est la goutte de trop.

Et ça explose donc, puisque le néocortex n’est plus en mesure de contenir tout cela.

Une fois que la décharge a eu lieu, l’enfant se sent apaisé, détendu.

Bien souvent, tout redevient comme avant, « comme si de rien n’était ».

Oui, c’est normal, l’enfant a vidé son sac.

Littéralement.

Et donc il se sent bien à nouveau.

Progressivement, au fur et à mesure que son cerveau va maturer (et que nous aurons accompagné ses émotions, nous le verrons dans d’autres articles), l’enfant apprendra à diriger sa décharge… et en tant qu’adulte, il ira faire un footing, boire un verre avec ses amis ou se détendra devant un bon film à la télévision.

Mais en attendant, il a BESOIN de faire cette crise pour se calmer.

Isabelle Filliozat a une phrase très juste à ce propos:

Comment réagir alors?

  • Manifester à l’enfant sa présence. Ne pas le laisser seul face à son émotion. (découvrir ici notre article sur pourquoi ne pas laisser un enfant pleurer tout seul)
  • Respecter la juste distance. Certains enfants auront besoin d’être pris dans les bras, d’autres que nous restions juste à côté…
  • Faire fi du regard des autres. Les « autres » ne vivent pas dans vos chaussures. Votre enfant fait une crise au supermarché? A bas la crainte d’être jugé, soyons présents à nos enfants. 
  • Protéger l’enfant du regard des autres, justement.
  • Eviter des phrases du style: « ce n’est rien », « c’est pas grave », « ça va passer »

Si vous souhaitez apprendre à accompagner l’enfant durant ces moments de crise, sans vous énerver…

Et que vous avez besoin de résultats rapides… 

Pour

Profiter des repas en famille, sans crise et larme. 

Retrouver de l’harmonie dans votre relation à l’enfant, et du plaisir d’être avec lui. 

Sortir de l’épuisement nerveux dans lequel vous mettent ces crises permanentes. 

Anticiper les crises à des moments clés comme la sortie au supermarché, et ainsi ne plus craindre ce type de sorties. 

Je vous propose d’implémenter dans votre quotidien des techniques simples et efficaces.

Ces techniques sont applicables en 3h.

Pour des effets immédiats.

Et avec un peu de pratique (deux à trois crises), vous saurez parfaitement gérer ces moments-là tout en restant calme et zen.

Au bout d’un mois environ, vous verrez les crises de l’enfant diminuer en fréquence et en intensité.

Et vous retrouverez un quotidien agréable et harmonieux avec lui.

Pour arriver à ce résultat, le programme « Apaiser et prévenir les crises émotionnelles de l’enfant » vous offre un parcours en 4 étapes :

1. Décoder le comportement de l’enfant en fonction de ses manifestations, associer les bonnes idées à la crise qu’il est en train de vivre, rester calme et zen pour mieux gérer l’urgence. 

2. Adopter la bonne attitude durant la crise pour éviter l’erreur que commettent beaucoup d’adultes, et qui met de l’huile sur le feu. Cela vous permettra de diminuer le temps de la crise ainsi que son intensité, et de plus vite passer à autre chose. 

3. Poser les bons mots après la crise et adopter la meilleure attitude possible pour aider l’enfant à mieux vivre ses émotions progressivement, à les verbaliser et les exprimer autrement que par une crise. Progressivement, les crises diminueront en fréquence et en intensité. 

4. Avoir la boîte à outils qui vous permettra de prévenir la crise, pour éviter les crises « inutiles », diminuer encore la fréquence et l’intensité des crises, et retrouver ainsi une relation harmonieuse à l’enfant.